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Guerre en Ukraine

L’Algérie regonflée au gaz?

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L’Europe, qui cherche des sources d’approvisionnement alternatives à la Russie, se tourne naturellement vers le plus gros producteur du sud de la Méditerranée, qui dispose déjà de pipelines le reliant à l’Espagne et l’Italie.

Même si l'Algérie est courtisée par l'Europe, qui cherche des sources d’approvisionnement en gaz, sa capacité de négociation reste limitée. (Zohra Bensemra/Reuters)
Publié le 24/05/2022 à 12h09

Les diplomates algériens se frottent les mains. Alger, qu’on disait isolé sur la scène internationale, est subitement devenu une destination prisée. Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a été reçu par le Président, Abdelmadjid Tebboune, le 30 mars. Dix jours plus tard, le président du Conseil italien, Mario Draghi, lui emboîtait le pas pour signer un accord «de coopération historique». Bientôt suivi par le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, le 13 avril. Le 10 mai, c’est le ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov, qui débarquait à son tour pour renforcer le «partenariat» entre Alger et Moscou. Le pays doit ce soudain retour en grâce à la guerre en Ukraine. Ou plutôt à la crise énergétique provoquée par l’invasion russe et les sanctions européennes prises en représailles.

Depuis que l’Europe envisage de suspendre ses importations de gaz russe, elle cherche désespérément des sources d’approvisionnement alternatives. Or l’Algérie dispose de deux avantages incomparables. Son sous-sol regorge de gigantesques réserves de gaz. Et elle dispose déjà des tuyaux pour l’exporter de l’autre côté de la Méditerranée. L’Europe importait déjà 11,8 % de son gaz depuis l’Algérie au quatrième trimestre 2021, ce qui en fait le troisième fourn

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