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Le Français Steeve Rouyar libéré après huit mois de détention au Togo

Cet expert-comptable de 44 ans et père de deux enfants avait été arrêté le 6 juin à Lomé où il résidait. Il est arrivé en France jeudi 1er janvier selon le Quai d’Orsay.

Steeve Rouyar a été libéré après huit mois de détention au Togo. Capture d'écran Facebook le 12 septembre 2025. (Capture d'écran Facebook)
Publié le 02/01/2026 à 12h29

Enfin. La rumeur de sa libération courait sur le territoire guadeloupéen, dont est originaire Steeve Rouyar, depuis le début de la soirée du 31 décembre, avant d’être confirmée par le ministère des Affaires étrangères jeudi 1er janvier. L’homme de 44 ans avait été arrêté en juin au Togo - où il était installé -, en marge d’une manifestation. L’homme qui était poursuivi pour troubles à l’ordre public aggravés et accusé d’«atteinte à la sûreté de l’Etat», a été libéré sur «décision de la justice togolaise», sans commentaires sur le fond de l’affaire. Le quadragénaire est arrivé en France jeudi matin, selon le Quai d’Orsay.

Originaire de Guadeloupe, le père de deux enfants était installé au Togo depuis novembre 2024, où il cherchait à ouvrir un nouveau cabinet d’expertise-comptable, avant de se heurter à des démarches administratives plus complexes que prévu quelques mois avant son arrestation. «Je suis libéré. Je vous remercie vous tous pour votre soutien» a-t-il écrit sur sa page Facebook après son arrivée sur le territoire français.

20 à 30 ans d’emprisonnement

Selon le parquet de Lomé, Steeve Rouyar faisait partie d’une cinquantaine de «manifestants» arrêtés le 6 juin 2025 dans la capitale togolaise, après une rare manifestation dans ce pays d’Afrique de l’Ouest tenu d’une main de fer par Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 20 ans. Ce jour-là, la jeunesse était descendue dans la rue pour protester contre l’arrestation de voix critiques, la hausse du prix de l’électricité et surtout la nouvelle constitution, qui permet au dirigeant togolais de se maintenir au pouvoir sans limite de mandats.

Concrètement, le Français était poursuivi pour troubles à l’ordre public aggravés - des faits qu’il avait reconnus devant un juge d’instruction -, pour lesquels il risquait un à cinq ans d’emprisonnement. Mais il était également accusé d’«atteinte à la sûreté de l’Etat», ce qu’il niait et qui est puni de 20 à 30 ans d’emprisonnement. En septembre, son frère assurait ne pas savoir «dans quelle mesure» Steeve Rouyar avait «pris part au mouvement», même s’il «devait avoir une sensibilité pour ce qui se passait» au Togo.

«Une victoire pour la justice et les droits humains»

Le quarantenaire était un militant très engagé, que ce soit au Togo mais aussi en Guadeloupe. Steeve Rouyar a débuté son activité dans l’archipel des Antilles il y a 20 ans, après avoir grandi en région parisienne. Il s’est présenté aux élections législatives de 2017, 2022 et 2024, notamment sous la bannière du Nouveau Front Populaire et a récolté à chaque fois moins de 1 % des voix. Les derniers mois avant son arrestation, il relayait notamment les messages d’influenceurs panafricanistes, pourfendeurs de l’ancienne puissance coloniale, avec laquelle le Togo continue d’entretenir des relations plutôt cordiales.

«Cette libération est une victoire pour la justice et les droits humains. Elle démontre l’importance d’une mobilisation collective et d’une diplomatie active pour protéger nos citoyens à l’étranger», a salué le président du conseil régional de Guadeloupe, Ary Chalus.

Un total de 1 511 prisonniers ont été graciés mercredi 31 décembre, selon un communiqué du Conseil des ministres togolais. Il s’agit d’un acte courant en fin d’année de la part du président Faure Gnassingbé. La liste des personnes graciées n’a pas encore été publiée.

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