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Reportage

«Les Guinéens sont abattus» : à Conakry, une élection présidentielle pour consacrer le putschiste Mamadi Doumbouya

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La Guinée s’apprête à élire dimanche 28 décembre son nouveau président lors d’un scrutin sans surprise, façonné pour la victoire du colosse aux lunettes noires qui a arraché le pouvoir aux civils en septembre 2021.

Dans chaque quartier de Conakry, les meetings électoraux ambiancés du mouvement de la GMD bourgeonnent à quelques jours du scrutin. (Marion Bernet/Libération)
ParAgnès Faivre
envoyée spéciale à Conakry (Guinée)
Publié le 27/12/2025 à 9h30

«Vous êtes là ? Yeah man ! Rastafari !» Sur scène, le reggaeman Bingo assure le show. Les basses enflent, pénètrent les entrailles. Dans le public, quelque 200 jeunes et des dizaines d’officiels et notables. Tous en tee-shirt blanc, à l’effigie de Mamadi Doumbouya. L’auteur du coup d’Etat du 5 septembre 2021 est en lice pour la présidentielle du 28 décembre. La bousculade qui ébranle soudain la foule marque-t-elle l’arrivée d’un cadre de la Génération pour la modernité et le développement (GMD), mouvement du candidat Doumbouya ? Non, voici le roi guinéen du dancehall, Singleton. «Notre grande vedette !» souffle un ado, trompettiste dans la fanfare professionnelle du peuple.

Dans chaque quartier de Conakry, les meetings électoraux ambiancés de la GMD bourgeonnent à quelques jours du scrutin. Laissant peu d’espace aux huit autres candidats, par contraste inaudibles et invisibles. Le «bâtisseur» Mamadi Doumbouya, qui a fait sa seule apparition de la campagne – sans s’exprimer – lors d’un meeting jeudi 25 décembre, est partout. Il squatte les panneaux publicitaires, barre les lampadai

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