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Disparition

L’historien algérien Mohammed Harbi, critique du pouvoir post-indépendance, est mort à l’âge de 92 ans

Cet ancien membre du FLN est décédé jeudi 1er janvier à Paris, a annoncé ce vendredi l’agence de presse algérienne APS.

Mohammed Harbi, ancien haut fonctionnaire, historien et universitaire algérien, et ancien membre du FLN, à Paris en 2019. (Richard Dumas/Agence VU)
Publié le 02/01/2026 à 14h02

Mohammed Harbi, célèbre pour son ouvrage polémique «Le FLN : mirage et réalité» publié en 1980, est décédé à Paris jeudi 1er janvier à l’âge de 92 ans. C’est l’agence officielle algérienne APS, informée par ses proches, qui en a fait l’annonce ce vendredi 2 janvier. L’historien algérien est mort «après avoir lutté pendant quatre jours contre une infection pulmonaire dans un hôpital parisien», a précisé sur sa page internet son ami l’historien Ali Guenoun. Cet enseignant à la Sorbonne a salué la «contribution majeure» de son ami, «figure de la lutte pour l’autodétermination et l’émancipation du peuple algérien».

Mohammed Harbi a été l’un des premiers historiens algériens à questionner les récits officiels de la guerre de libération (1954-1962) et la construction politique post-indépendance. Né le 16 juin 1933 à Skikda dans l’est de l’Algérie, il commence à militer très jeune contre la colonisation française (1830-1962) avant de partir étudier à Paris où il rejoint l’antenne locale du Front de libération nationale (FLN).

Il travaille au sein du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) notamment aux côtés de Krim Belkacem, signataire des accords d’Evian de mars 1962 ayant mis fin à la colonisation française. Après l’indépendance, il intègre le cabinet du premier président de l’Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella, jusqu’au coup d’État du colonel Houari Boumédiène en 1965, dont il dénonce «le régime totalitaire», ce qui le conduit en prison pendant cinq ans puis en résidence surveillée.

Message d’Abdelmadjid Tebboune

En 1973, il quitte clandestinement l’Algérie pour se réfugier en France, où il se consacre à l’enseignement universitaire et à la recherche académique sur l’histoire contemporaine de l’Algérie. Parmi ses ouvrages les plus importants figure «Le FLN : mirage et réalité», qui suscite une vive polémique à sa sortie en 1980 parce qu’il y critique la prise du pouvoir par un parti unique.

Selon l’historien Ali Guenoun, il a «œuvré tant par ses écrits que par son combat politique à la construction politique d’une société juste et égalitaire». Ali Guenoun a rappelé une «dernière déclaration» de Mohammed Harbi : «œuvrons tous ensemble pour construire une nation de citoyens et vivre en paix avec nos voisins».

Dans un message de condoléances, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a qualifié Mohammed Harbi d’«historien lettré dont la disparition fait perdre à l’Algérie un homme d’exception, engagé très tôt dans le combat politique contre la colonisation».

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