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Soulagement

Libération de Boualem Sansal : l’écrivain est de retour en France, Macron «disponible» pour échanger avec le président algérien

Le romancier franco-algérien de 81 ans, à Berlin depuis qu’il a quitté les geôles algériennes, est rentré en France ce mardi 18 novembre, a annoncé son comité de soutien.

Rassemblement devant l'Assemblée nationale en soutien à l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, à Paris, le 25 mars 2025. (Ait Adjedjou Karim/ABACA)
Publié le 18/11/2025 à 13h46, mis à jour le 18/11/2025 à 19h12

L’écrivain franco-algérien de 81 ans Boualem Sansal est de «retour en France», a annoncé ce mardi 18 novembre ses soutiens. «Le Comité de soutien international à Boualem Sansal salue avec une profonde émotion le retour en France de notre ami et compatriote», affirme leur communiqué.

De son côté, l’Elysée a annoncé qu’Emmanuel Macron l’avait reçu ce mardi. La libération de ce «grand écrivain dont la dignité, la force morale et le courage ont été exemplaires» a été rendue possible «par une méthode faite de respect, de calme et d’exigence», a souligné le président. Le chef de l’Etat a de nouveau remercié «l’engagement» du président allemand Frank-Walter Steinmeier et salué la décision prise par son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune d’accorder sa grâce à l’écrivain. «Nous souhaitons ardemment la libération» du journaliste Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie, «nous y travaillons», a ajouté l’Elysée.

Incarcéré en Algérie pendant un an pour certaines prises de position, Boualem Sansal, 81 ans, avait en effet retrouvé la liberté mercredi 12 novembre après avoir été gracié par le président algérien, qui avait répondu favorablement à une demande des autorités allemandes.

«Salut fraternel»

Boualem Sansal, qui se trouvait au cœur d’une crise diplomatique entre Alger et Paris, avait alors été transféré à Berlin pour des soins médicaux et résidait depuis à la résidence de l’ambassadeur français en Allemagne. Son retour était, depuis, guetté en France où un comité de soutien réclamait depuis plusieurs mois sa libération. En Algérie, le romancier purgeait une peine de cinq ans de prison notamment pour «atteinte à l’unité nationale» après des propos tenus en octobre 2024 au média français d’extrême droite Frontières. Il y affirmait que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de certaines régions de l’ouest du pays, notamment Oran et Mascara, qu’il estimait avoir appartenu auparavant au Maroc.

«Nous envoyons un salut fraternel à Boualem Sansal, ainsi qu’à sa famille qui a traversé avec dignité et courage cette épreuve longue, injuste et douloureuse», détaille ce comité dans son communiqué. «Il appartiendra désormais à l’écrivain de choisir le moment et les formats dans lesquels il souhaitera s’exprimer», poursuit le comité, qui appelle de nouveau à la «libération immédiate» du journaliste sportif Christophe Gleizes, détenu en Algérie où il doit être jugé en appel début décembre notamment pour «apologie du terrorisme».

Macron tend la main à Tebboune

Emmanuel Macron s’est également dit «disponible» pour un «échange» avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune en marge du G20 en Afrique du Sud le week-end prochain, afin de pouvoir «avancer» dans les relations crispées avec l’Algérie, notamment en matière migratoire. «Je tiens à ce que la France soit respectée et à ce qu’elle mène un dialogue sérieux, calme et exigeant», «et donc, si ces conditions sont remplies et qu’on peut obtenir des résultats, je suis disponible évidemment à tout échange à mon niveau», a dit le président français en réponse à une question sur une potentielle rencontre en Afrique du Sud. «Nos équipes diplomatiques» sont «en train de travailler à cela», a-t-il ajouté.

Mise à jour à 19 h 11, ajout de déclarations d’Emmanuel Macron.

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