L’horreur des kidnappings semble sans fin au Nigeria. 315 personnes − 303 élèves et 12 enseignants -, ont été enlevées dans une école catholique du centre du Nigeria. Des assaillants armés ont envahi «l’école entre 1 heure et 3 heures du matin», enlevant «des élèves, des étudiants, des enseignants», ont annoncé vendredi des responsables. «Un agent de sécurité a été abattu», a précisé le diocèse de Kontagora, situé dans l’État du Niger, dans un communiqué.
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Il s’agit du deuxième enlèvement dans une école en une semaine, le troisième en comptant un rapt dans une église. Dans la nuit de dimanche à lundi déjà, des hommes armés ont kidnappé 25 lycéennes dans l’internat pour filles de Maga, dans l’État de Kebbi (nord-ouest). Selon les autorités, l’une des jeunes filles est parvenue à s’échapper.
«Le gouvernement de l’État (nigérian) du Niger a reçu avec une profonde tristesse la nouvelle inquiétante de l’enlèvement d’élèves de l’école St. Mary, dans la zone de gouvernement local d’Agwara», a annoncé Abubakar Usman, secrétaire du gouvernement de l’État.
Une première estimation selon une source onusienne ayant requis l’anonymat estimait à une cinquantaine le nombre de personnes enlevées. Le chiffre réel est bien au-dessus, a déclaré dans un nouveau bilan ce samedi l’Association des chrétiens du Nigeria (CAN) : «303 élèves et étudiantes, et 12 enseignants, ont été enlevés par les terroristes.» Pour l’heure, l’identité des ravisseurs - groupes jihadistes ou bandes criminelles - n’a pas été confirmée.
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Face à une insécurité grandissante dans la région, le gouvernement de l’État avait ordonné, par mesure de précaution, «la fermeture temporaire de tous les internats de la zone», a souligné Abubakar Usman. L’école St. Mary avait «repris ses activités académiques sans informer, ni obtenir l’autorisation du gouvernement de l’État, exposant ainsi les élèves et le personnel à un risque évitable», a-t-il regretté. La police a annoncé vendredi avoir déployé sur place ses unités tactiques et des éléments militaires, qui «ratissent les forêts» à la recherche des disparus.
Au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique de l’Ouest miné par l’insécurité, les enlèvements de masse sont courants, notamment depuis le kidnapping de près de 300 écolières à Chibok, dans le Nord-Est, perpétré en 2014 par les jihadistes de Boko Haram. Le président nigérian Bola Tinubu a annulé ses déplacements internationaux vendredi et placé les forces de sécurité du pays en alerte maximale. Il sera représenté au sommet du G20 en Afrique du Sud par son vice-président, Kashim Shettima.
Fermeture préventive d’écoles primaires et secondaires
A Eruku (ouest), une église a également été attaquée mardi lors d’une messe retransmise en direct. Deux personnes sont mortes, selon les autorités locales. D’après le secrétaire du lieu de culte, Michael Agbabiaka, les assaillants ont également enlevé «35 personnes», un chiffre que la police n’a pas confirmé.
A la suite de cette assaut, les autorités locales ont décidé de fermer les écoles dans les circonscriptions d’Ifelodun, Ekiti, Irepodun, Isin et Oke Ero, par mesure de sécurité, a déclaré jeudi à l’AFP Ibraheem Abdullateef, un porte-parole de l’État de Kwara. Les autorités de l’État de Katsina, dans le nord du Nigeria, et celle de l’État de Plateau, dans le centre, ont annoncé vendredi la fermeture de tous les établissements scolaires publics primaires et secondaires de l’État en raison de la situation sécuritaire.
Ces multiples enlèvements interviennent alors que le président américain Donald Trump menace d’intervenir militairement au Nigeria en raison d’allégations selon lesquelles les chrétiens du pays seraient persécutés. Le pays est divisé entre un nord principalement musulman et un sud majoritairement chrétien. Cette rhétorique est poussée à Washington par des élus conservateurs, ainsi que des associations de défense des chrétiens. Abuja s’en défend, mais affirme être en pourparlers avec le gouvernement américain au sujet d’une coopération en matière de sécurité et précise que les attaques touchent les Nigérians quelle que soit leur religion.
Au Nigeria, des gangs criminels, appelés «bandits» par la population, sèment la terreur depuis des années dans le nord-ouest et le centre du pays, attaquant, enlevant des habitants contre des rançons et incendiant des maisons après les avoir pillées. Le Nigeria fait aussi face à une insurrection jihadiste depuis plus de 16 ans, qui a fait 40 000 morts et plus de deux millions de déplacés dans le nord du pays, selon les Nations unies.
Mise à jour à 21 h 15 avec estimation du nombre de personnes enlevées ; 21 h 50 avec estimation précise par la CAN ; samedi à 9 h 50, avec un nouveau bilan.




