Jusqu’où le Cameroun poursuivra-t-il sa descente aux enfers ? Depuis l’élection présidentielle du 12 octobre, répression et arrestations ont succédé aux manifestations dans les quatre coins du pays. Les manifestants ont «érigé des barricades, incendié et saccagé des bâtiments publics, des magasins et d’autres biens privés», indiquait, dès le jour de ce scrutin controversé, l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch.
La police et les gendarmes ont répondu aux rassemblements avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes, n’hésitant pas dans certains cas à tirer à balles réelles. Les arrestations concerneraient, de source officielle, «plusieurs centaines» de personnes, alors que le Collectif défense citoyenne, composé de 149 avocats répartis dans l’ensemble du territoire national, évoque «jusqu’à 2 000 personnes, dont des mineurs». On compterait une soixantaine de morts.
Des passants pris pour cible
Derrière cette colère populaire durement réprimée : le passage en force du président Paul Biya, 92 ans, qui s’est déclaré vainqueur du scrutin présidentiel, malgré de nombreuses indications suggérant que c’est plutô




