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Le 14 octobre, un drone kamikaze s’est écrasé dans la cour de la villa de Saddiq Osman Al-Faki à Id Babikir, dans la banlieue Est de Khartoum.Le 14 octobre, un drone kamikaze s’est écrasé dans la cour de la villa de Saddiq Osman Al-Faki à Id Babikir, dans la banlieue Est de Khartoum. (Faiz Abubakr/Liébartion)
Reportage

«Quand le bourdonnement devenait trop fort, on courait se réfugier dans la montagne» : au Soudan, les traumas de la guerre des drones

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L’armée régulière comme les paramilitaires ont lourdement investi dans leurs flottes respectives d’engins volants téléguidés, bouleversant les rapports de force militaires sur le terrain et atteignant les civils derrière la ligne de front.
ParCélian Macé
Envoyé spécial au Soudan
publié le 18 février 2026 à 21h40

L’adolescent aux oreilles décollées et au nez allongé escalade le portail avec agilité, bondit souplement de l’autre côté. Quelques secondes plus tard, la porte en métal s’entrouvre en grinçant. «C’est là que le docteur est mort», dit-il. Le 14 octobre, un drone kamikaze s’est écrasé dans la cour de la villa de Saddiq Osman Al-Faki à Id Babikir, dans la banlieue Est de Khartoum. Le médecin dormait dehors avec son fils. Les deux ont été tués.

Abdessetar, 19 ans, est un des premiers à être arrivé sur les lieux de l’explosion. «Le docteur était un homme sage et généreux, je le voyais tous les jours, je l’embrassais sur la tête. Il me soignait gratuitement à sa clinique, tient-il à témoigner. Il était vivant quand on l’a trouvé, mais inconscient, blessé à la jambe et à la nuque. Il est mort avant d’arriver à l’hôpital.» Le jeune homme ne sait pas pourquoi le bon docteur et son fils ont été tués. Ni personne, apparemment, dans le quartier. Le drone a soufflé les fenêtres et démoli un mur. L’incendie qui s’en est suivi a brûlé le beau jardin. Tout autour de l’impact, des débris de l’engin tueur sont encore visibles.

L’usage massif des drones, en 2025, a bouleversé

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