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Interview

Soudan : au musée national repris par l’armée, «des statuettes étaient au sol, visiblement piétinées»

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Après bientôt trois ans d’occupation par les Forces de soutien rapide, Jamal Mohamed Zein Elabdeen est l’un des premiers civils à avoir pu visiter le site.
L’armée a repris le musée national, ici en 2008, qui abritait avant la guerre l’essentiel des précieuses collections archéologiques du Soudan. (Khaled Desouki /AFP)
publié le 31 mars 2025 à 15h56

Après quasiment trois ans d’affrontements quotidiens, l’armée soudanaise a annoncé avoir repris le contrôle de Khartoum jeudi 27 mars. Les Forces de soutien rapide (RSF), une unité paramilitaire dissidente, ont été chassées de la capitale. Leur chef, le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit «Hemetti», l’a reconnu dimanche. «Je vous confirme que nous sommes effectivement partis de Khartoum, mais […] nous reviendrons avec une détermination plus forte, a-t-il déclaré dans un discours adressé à ses troupes, relayé sur les réseaux sociaux. Tous ceux qui pensent qu’il y a des négociations ou des accords en cours avec ce mouvement diabolique [le régime militaire soudanais] se trompent. Ni accord ni discussion avec eux, seulement le langage des armes.»

En même temps que le très symbolique palais présidentiel, reconquis le 21 mars, l’armée a repris le musée national qui abritait avant la guerre l’essentiel des précieuses collections archéologiques du Soudan. Leur sort, totalement inconnu, était un motif d’inquiétude pour les historiens, les scientifiques et les amateurs d’art du monde entier. Jamal Mohamed Zein Elabdeen, employé au département des musées du ministère de la Culture, est l’un des premiers civils à y avoir pénétré, le 24 mars. Il raconte sa visite.

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