Hormis en 2020, pendant la pandémie de Covid-19, Emmanuel Macron s’est déplacé chaque année sur le continent africain depuis son élection. La cartographie de ses visites, dans 26 pays à ce jour, dessine les ambitions – et les évolutions – de la diplomatie africaine de l’Elysée. Alors que les premiers voyages du Président étaient largement consacrés au Sahel (l’armée française y était alors déployée dans le cadre de l’opération «Barkhane»), ceux de son second mandat s’éloignent de l’Afrique de l’Ouest, pour se tourner vers l’Afrique centrale et l’Afrique australe.
Le chef de l’Etat, né après les indépendances, comme il le rappelle souvent, promettait à ses débuts de tourner la page de la Françafrique – «il n’y a plus de politique africaine de la France», affirmait-il en 2017 – et a semblé, un temps, snober les vieux autocrates d’Afrique francophone. Cette intransigeance a fait long feu. La vague de défiance envers l’ancienne puissance coloniale, la série de coups d’Etat survenus au Sahel, et la rupture diplomatique avec les régimes militaires souverainistes du Mali, du Burkina Faso et du Niger sont passées par là. L’armée française a drastiquement réduit sa présence sur le contine




