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A l’université d’Harvard, le chef de la morgue de l’école de médecine impliqué dans un scandale de trafic d’organes

Cedric Lodge a été condamné à huit ans de prison mardi soir pour avoir fait partie d’un réseau de trafic de cerveau, de peau et d’organes issus de cadavres destinés à la recherche médicale de 2018 à 2022.

L’école de médecine de la prestigieuse université américaine Harvard, le 15 mai 2022. (Brian Snyder/REUTERS)
Publié le 17/12/2025 à 9h50

Il avait plaidé coupable pour espérer une moindre peine. L’ancien directeur de la morgue de l’école de médecine de la prestigieuse université américaine Harvard a été condamné à huit ans de prison pour trafic d’organes et de restes humains, a annoncé mardi 17 décembre le ministère américain de la Justice. Cedric Lodge, 58 ans, et sa femme Denise Lodge, 65 ans, avaient été arrêtés en mai 2023. La seconde a été condamnée pour sa part à un an et un jour de prison pour avoir facilité la vente des organes volés. L’enquête a été menée conjointement par le FBI, l’Inspection postale des Etats-Unis et la police municipale locale, précise un communiqué.

Directeur de la morgue de la prestigieuse université située près de Boston, l’une des plus anciennes des Etats-Unis, jusqu’à son licenciement en mai 2023, Cedric Lodge était accusé d’avoir fait partie de 2018 à 2022 d’un «réseau national d’individus qui achetait et vendait des restes humains volés à Harvard et dans une morgue de l’Arkansas», selon la justice fédérale.

L’homme avait accepté de plaider coupable du chef d’accusations de transport interétatique de biens volés, un délit passible d’une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement et d’une amende maximale de 250 000 dollars, rapportait le New York Times en avril. Cet accord lui avait permis de ne plus être poursuivi pour association de malfaiteurs.

Pendant des années, Cedric Lodge «volait des organes et d’autres parties de cadavres donnés à la science pour de la recherche et de l’éducation médicales, avant leur crémation». Cedric Lodge «a prélevé des restes humains, notamment des organes, des cerveaux, de la peau, des mains, des visages, des têtes disséquées et d’autres parties, sur des cadavres donnés à des fins de recherche et d’enseignement», a rappelé le ministère de la Justice dans son communiqué.

«Revendus avec profit»

Il emportait ces restes «à l’insu de son employeur, du donneur et de sa famille» et les transportait à son domicile dans le New Hampshire. «Après avoir vendu les restes avec son épouse Denise Lodge, ils les expédiaient aux acheteurs dans d’autres États, ou bien l’acheteur en prenait directement possession et les transportait lui-même», a détaillé le ministère. Les restes humains étaient «revendus avec profit».

«Le trafic de restes humains volés par voie postale est un acte odieux qui s’ajoute à la douleur des familles déjà endeuillées et crée une situation potentiellement dangereuse pour les employés et les usagers des services postaux», a déclaré Christopher Nielsen, inspecteur en chef de la division de Philadelphie du Service d’inspection postale. «J’espère que nos efforts et ces condamnations apporteront un certain apaisement aux personnes touchées par ce crime terrible.»

Plusieurs autres accusés ont aussi plaidé coupable dans des affaires connexes et ont été condamnés à 15 et 18 mois de prison, rappelle le Bureau du procureur des États-Unis du district central de Pennsylvanie dans son communiqué. Par ailleurs, une femme, Candace Chapman-Scott, qui avait volé des restes humains dans un crématorium de l’Arkansas où elle travaillait et les avait vendus, a plaidé coupable devant le tribunal fédéral de l’Arkansas. Elle a été condamnée à 15 ans de prison.

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