Jusqu’à maintenant, Alejandro Canchola avait tout le respect du monde pour ce bâtiment, énorme cube gris planté entre deux échangeurs d’autoroutes dans le sud de Minneapolis. C’est ici qu’il a prêté serment pour s’engager dans les Marines en 2018. Les façades en béton armé et le hall couleur marbre représentaient alors à ses yeux «l’honneur, le courage et l’engagement». Six ans plus tard, Alejandro, 27 ans, est vétéran de l’armée et travaille dans le bâtiment. Il est surtout «dégouté». «Ce n’est pas pour cela que je me suis engagé», laisse échapper le jeune homme, à l’intérieur du Whipple Building, devenu le QG de la police migratoire de Donald Trump (ICE) depuis le début de l’opération «Metro Surge» en décembre. Il est là avec Luz, son épouse de 25 ans de nationalité américaine, pour tenter de retrouver D., le frère de cette dernière, qui vient de se faire arrêter par des agents fédéraux. De la salle d’attente du Whipple Building au tribunal de l’immigration, Libération a suivi durant cinq jours leurs démarches, emblématiques du climat de
Reportage
A Minneapolis, avec Alejandro et Luz dont le frère a été arrêté par l’ICE : «Tout ce processus est déshumanisant»
Réservé aux abonnés
L’arrestation d’une personne par la police de l’immigration s’accompagne de journées d’angoisse pour la famille, qui peine d’abord à la localiser puis à l’aider. Pendant cinq jours, «Libération» a pu suivre les Canchola, à Minneapolis, après l’arrestation du frère de Luz.
Devant le Whipple Building, devenu le QG de la police migratoire de Donald Trump (ICE), à Minneapolis, le 16 janvier. (Tim Evans/REUTERS)
Publié le 03/02/2026 à 20h05
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus