ICE out. Deux agents de la police fédérale de l’immigration américaine (ICE) ont été suspendus pour avoir fait des déclarations mensongères au sujet des tirs déclenchés contre un immigré vénézuélien à Minneapolis en janvier, a annoncé vendredi 13 février le directeur de l’ICE, Todd Lyons.
Les faits sont survenus le 14 janvier devant une résidence à Minneapolis lors du contrôle routier d’un immigré vénézuélien en situation irrégulière, qui tentait de s’échapper. Blessé par balle à la jambe par un des agents de l’ICE, il avait été arrêté et inculpé, de même qu’un compatriote venu lui prêter main-forte, selon les autorités.
Mais jeudi, le parquet a abandonné les poursuites, expliquant que «de nouvelles preuves découvertes dans cette affaire contredisent matériellement les accusations» portées contre les deux hommes.
«Des images vidéo ont révélé que deux agents semblent avoir fourni dans leurs témoignages sous serment des déclarations mensongères», précise un communiqué du directeur de l’ICE. «Ces deux agents ont été immédiatement placés en congé administratif jusqu’à la fin d’une enquête interne approfondie. Mentir sous serment est une grave infraction fédérale.»
Une femme déjà accusée en octobre
Au moment de ces événements, le département de la Sécurité intérieure avait affirmé que pendant que l’immigré poursuivi se débattait pour échapper à un agent de l’ICE, «deux individus étaient sortis d’un appartement voisin et avaient attaqué l’agent avec une pelle à neige et un manche de balai». Le policier de l’ICE avait alors assuré avoir «tiré un coup de feu défensif pour protéger sa vie», touchant l’homme à la jambe.
Reportage
En octobre, le département de la Sécurité intérieure avait déjà accusé une femme, en possession d’une arme semi-automatique, d’avoir percuté avec son véhicule une patrouille de la police des frontières à Chicago (nord) pour justifier les violences des agents. Les policiers avaient été «contraints d’effectuer des tirs défensifs», blessant la femme, «qui s’est rendue elle-même à l’hôpital pour y faire soigner ses blessures», selon le ministère.
Mais en novembre, le parquet avait abandonné sans explication les poursuites contre cette femme, Marimar Martinez, visée par cinq tirs, ainsi qu’un homme arrêté le même jour, après notamment la diffusion de vidéos montrant un policier percutant la voiture de celle-ci avec son véhicule.
Après Los Angeles, Washington, Chicago, Memphis, et La Nouvelle-Orléans, Minneapolis est la dernière ville en date dirigée par des démocrates visée par une vaste opération d’arrestations d’immigrés en situation irrégulière lancée par l’administration Trump.




