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A Munich, Marco Rubio prône une restauration de l’ordre mondial avec une Europe «forte»

Un an après la conférence inflammatoire du vice-président Vance, le chef de la diplomatie américaine a rejeté toute division entre l’Europe et les Etats-Unis ce samedi 14 février, devant la Conférence de Munich sur la sécurité. Il appelle à une «alliance revigorée».

Marco Rubio lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, le 14 février. (Michael Probst/AP)
Publié aujourd'hui à 11h08

Un an après le discours incendiaire du vice-président américain JD Vance sur l’Europe, Marco Rubio tente une approche plus mesurée. Le chef de la diplomatie américaine a prôné ce samedi 14 février, devant la Conférence de Munich sur la sécurité, une «restauration» de l’ordre mondial sous la présidence de Donald Trump, tout en appelant à une Europe «forte» et en rejetant toute division.

Au deuxième jour de cette conférence, où les Européens ont appelé les Etats-Unis à la raison et à réparer la relation transatlantique qui bat de l’aile depuis le retour de Trump au pouvoir, Marco Rubio a assuré que les Etats-Unis souhaitaient «des alliés fiers de leur culture et de leur héritage, qui comprennent que nous sommes les héritiers d’une même grande et noble civilisation et qui, avec nous, sont prêts et capables de la défendre». «Nous ne cherchons pas à diviser, mais à revitaliser une vieille amitié», a-t-il assuré, ajoutant souhaiter «une alliance revigorée».

Posture trumpiste

Un discours bien loin des récentes outrances présidentielles. En décembre, lors de la présentation de sa nouvelle «Stratégie de sécurité nationale», Donald Trump s’était livré à une attaque en règle contre les Européens, menacés selon lui d’un «effacement civilisationnel». Sans changer de cap sur la menace qui, selon son administration, plane sur l’Occident, Rubio a déclaré samedi que si les Etats-Unis sont «prêts, si nécessaire, à agir seuls, nous préférons et espérons agir avec vous, nos amis ici en Europe».

Le responsable américain en a également profité pour rappeler la position de l’administration Trump, selon laquelle l’ONU n’a joué «pratiquement aucun rôle» dans la résolution des conflits, appelant à une réforme des institutions mondiales.

Toujours dans la lignée de l’administration Trump, il a appuyé la posture du président américain sur l’immigration, qui selon lui «déstabilise les sociétés», tout en évitant les sujets de guerre culturelle. Un point qui, d’après le chancelier allemand Friedrich Merz vendredi à Munich, a approfondi une «fracture» entre les Etats-Unis et l’Europe.

«Raviver la confiance»

Vendredi, lors de la première journée de cette conférence qui réunit le gotha de la défense et de la sécurité dans la capitale bavaroise, le chancelier allemand avait aussi appelé à «réparer» et «raviver» la confiance transatlantique, mise à mal par le président américain : «A l’ère de la rivalité entre grandes puissances, même les Etats-Unis ne seront pas assez puissants pour faire cavalier seul.»

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump, convaincu que l’Union européenne a été construite pour «emmerder» les Etats-Unis, a l’Europe dans le collimateur. Attaques auxquelles le président français, Emmanuel Macron, a réagi vendredi auprès de la presse, appelant à une «Europe forte» : «[La relation avec les Etats-Unis] est au milieu de beaucoup d’incertitudes. Mais nous, on a à clarifier ce qu’on veut pour nous-mêmes et ce qu’on a à faire. Et les Etats-Unis ont à clarifier ce qu’ils sont prêts à faire pour les Européens.»

Parlant d’un «géant endormi», le Premier ministre britannique, Keir Starmer, devrait appeler ce samedi l’Europe à réduire sa «surdépendance» envers les Etats-Unis en matière d’armement grâce à un renforcement de sa coopération industrielle, selon des extraits de son discours, prévu à la tribune de la Conférence, distribués à l’avance.

«Changement d’état d’esprit»

Arrivé vendredi à Munich, Marco Rubio s’est entretenu avec son homologue chinois Wang Yi et le chancelier allemand et a eu un aparté avec la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, et son homologue groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, en marge de la conférence. Les menaces du président américain de s’emparer de cet immense territoire autonome danois avaient ébranlé l’alliance atlantique.

Mais, a estimé le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, qui s’exprimait lors du Transatlantic Forum, il y a un «changement d’état d’esprit» au sein de l’Otan, où «l’Europe assume davantage un rôle de leadership» et «prend aussi davantage soin de sa propre défense».

L’autre point fort de la journée de samedi sera l’intervention du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, également présent à Munich. Donald Trump l’a appelé vendredi à «se bouger» pour parvenir à un accord avec la Russie, avant un nouveau cycle de négociations la semaine prochaine à Genève. «Nous ne savons pas si les Russes sont sérieux dans leur volonté de mettre fin à la guerre», a toutefois reconnu Rubio samedi.

La France, qui assure la présidence tournante du G7, doit également réunir samedi les ministres des Affaires étrangères pour évoquer les grands dossiers internationaux de l’Ukraine à la bande de Gaza et l’Iran, sur fond de renforcement militaire américain au Moyen-Orient avec le déploiement d’un deuxième porte-avions dans le Golfe.

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