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Procédure

Affaire Epstein : Bill et Hillary Clinton acceptent finalement d’être auditionnés devant le Congrès

La commission d’enquête parlementaire demandait à entendre le couple sur les liens entre l’ancien président démocrate et le criminel sexuel. Une procédure d’entrave au Congrès avait été lancée contre eux le 21 janvier dernier. Ils encourraient jusqu’à 12 mois de prison.

Bill et Hillary Clinton à la Maison Blanche à Washington, DC, le 23 mai 2024. (Saul Loeb/AFP)
Publié le 03/02/2026 à 7h23

Bill et Hillary Clinton témoigneront devant une commission d’enquête parlementaire américaine sur l’affaire Epstein, a annoncé lundi le porte-parole de l’ancien président démocrate, alors que le couple était visé par une procédure d’entrave au Congrès pour son refus jusque-là de comparaître. «L’ancien président et l’ancienne secrétaire d’Etat seront là. Ils ont hâte de créer un précédent qui s’applique pour tout le monde», a déclaré sur X le porte-parole Angel Urena, en réponse à un message des élus républicains de cette commission qui demandait à entendre le couple sur les liens entre Bill Clinton et le criminel sexuel.

Avant ce communiqué, la commission des règles de la Chambre s’apprêtait à approuver l’organisation d’un vote devant l’ensemble des députés sur deux résolutions, qui en cas d’adoption, auraient recommandé au ministère de la Justice d’engager des poursuites à l’encontre de l’ex-président démocrate (1993-2001) et de l’ancienne cheffe de la diplomatie américaine (2009-2013). Mais cette commission a finalement décidé de reporter son vote, en attendant de déterminer si le couple avait bien décidé de se plier à leur assignation à comparaître.

Si ces recommandations de poursuites étaient adoptées, une inculpation formelle devrait être initiée par le ministère de la Justice, avec à sa tête Pam Bondi, une fidèle de Donald Trump. Bill et Hillary Clinton, qui dénoncent une procédure aux pures motivations politiques, encourraient alors jusqu’à 12 mois de prison.

Voyages à bord du jet privé

Le couple avait été convoqué à plusieurs reprises par une commission parlementaire d’enquête sur la gestion par l’Etat de l’affaire Epstein, en raison de l’ancienne amitié unissant l’ex-président au financier. Figure de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, Jeffrey Epstein était accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures.

Il avait été retrouvé pendu dans sa cellule de New York en 2019 avant son procès pour crimes sexuels. Sa mort a alimenté d’innombrables théories du complot selon lesquelles il aurait été assassiné pour protéger des personnalités de premier plan.

Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord de son jet privé et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 n’avoir pas parlé à Jeffrey Epstein depuis plus d’une décennie. L’ex-président a également toujours démenti avoir eu connaissance de ses crimes et n’est pas inquiété par la justice en ce qui concerne sa relation avec le criminel sexuel.

Minimiser ou nier des liens avec Epstein

«Personne, que ce soit un ancien président ou simple citoyen, ne peut délibérément mépriser une assignation à comparaître proprement émise par le Congrès sans conséquences», avait martelé lundi l’élu républicain James Comer, chef de cette commission d’enquête, avant l’annonce du porte-parole de Bill Clinton. Pendant sa campagne de 2024, Donald Trump avait dit vouloir rendre le dossier public. Mais le républicain a rechigné depuis son retour au pouvoir à le publier et s’est vu accusé jusque chez ses partisans d’un manque de transparence.

Vendredi, le ministère de la Justice a publié une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, affirmant se plier ainsi à une loi promulguée en novembre dernier. La simple mention du nom d’une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori de cette personne. Mais les documents rendus publics montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel Jeffrey Epstein ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l’existence de tels rapports.

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