La tentaculaire affaire Epstein se transforme en véritable bataille politique et judiciaire. Bill Clinton a refusé ce mardi 13 janvier de se présenter à son audition devant la Chambre des représentants, relative à ses liens passés avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein, accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures. L’ex-président américain démocrate s’expose ainsi avec son épouse Hillary à des poursuites pour entrave au Congrès.
«[Bill Clinton] ne s’est pas montré aujourd’hui», a regretté James Comer, élu républicain à la tête de la commission parlementaire chargée d’enquêter sur l’affaire. «Personne n’accuse Bill Clinton de quoi que ce soit de répréhensible, nous avons seulement des questions», a ajouté l’élu à propos de l’ancien président démocrate de 79 ans.
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En août dernier, Bill et Hillary Clinton avaient été assignés à comparaître devant le Congrès. La commission votera la semaine prochaine pour entamer la procédure d’entrave aux prérogatives du Congrès contre Bill Clinton, a affirmé mardi James Comer après s’être indigné de son absence. Une étape nécessaire avant de possibles poursuites du ministère de la Justice.
Hillary Clinton, ancienne cheffe de la diplomatie et candidate à la présidentielle de 2016 face à Donald Trump, était pour sa part attendue mercredi au Congrès. Mais dans une lettre publiée ce mardi, révèle le New York Times, le couple a annoncé son refus de se présenter aux auditions et affirme que les assignations à comparaître qui leur ont été adressées sont «légalement non valables», et consisteraient en «une confrontation juridique prolongée et inutile» destinée à «embarrasser publiquement» les Clinton.
Dans cette missive au ton acerbe, Bill et Hillary Clinton critiquent également le fait que James Comer ait permis à la commission d’annuler les assignations à comparaître de sept autres anciens responsables, en échange de dépositions écrites, alors que l’élu républicain aurait refusé à plusieurs reprises de faire de même pour le couple. «Nous avons essayé de vous donner le peu d’informations que nous avons. Nous l’avons fait parce que les crimes de M. Epstein étaient horribles», affirment-ils.
«Terribles crimes»
Fin décembre, après des mois d’atermoiements, le gouvernement Trump a commencé à publier des milliers de photos, vidéos et textes sur Jeffrey Epstein, sur lesquels on pouvait apercevoir Bill Clinton à de nombreuses reprises.
«De votre propre aveu, vous avez voyagé à bord de l’avion privé de Jeffrey Epstein à quatre reprises en 2002 et 2003», affirmait la lettre de convocation adressée à Bill Clinton par James Comer. En ce qui concerne Hillary Clinton, l’élu républicain expliquait : «Votre famille semble avoir eu des liens proches avec à la fois Jeffrey Epstein et sa complice Ghislaine Maxwell», condamnée en 2021 à 20 ans de prison pour exploitation sexuelle. L’ancien président, qui avait affirmé en 2019 n’avoir pas parlé à Jeffrey Epstein depuis plus d’une décennie, a toujours démenti avoir eu connaissance des «terribles crimes» commis par celui-ci.
Interview
Le gouvernement Trump a été accusé depuis cet été d’un manque de transparence du sur le dossier, jusqu’à ce qu’ils rendent publics certains éléments en décembre. Mais l’ensemble du dossier n’a pas encore été rendu public comme l’exigeait pourtant une loi promulguée en novembre, et de nombreux fichiers publiés ont été largement caviardés, à l’image d’un document entièrement noirci sur 119 pages.
Dans un communiqué fin décembre après la publication partielle du dossier, un porte-parole de Bill Clinton avait appelé à faire la lumière sur l’affaire Epstein et à publier la totalité des documents, y compris tous ceux sur lesquels pouvait apparaître l’ancien président.




