Le Super Bowl s’est fait très politique cette année, avec notamment une performance anti-Trump du chanteur latino Bad Bunny. Plus discret, un court spot glissé parmi les réclames – avec une audience escomptée à 130 millions de spectateurs, l’événement sportif est le créneau stratégique pour les marques qui cherche à diffuser leurs pubs – a également secoué l’administration du président MAGA : il donnait la voix à huit femmes, toutes victimes du milliardaire et pédocriminel américain Jeffrey Epstein, pour presser le ministère de la Justice de publier les derniers documents – 2,5 millions de pages inédites – de cette colossale affaire.
C’est par une brève vidéo de moins de vingt secondes notamment repérée par le Telegraph que ces femmes entendaient occuper le terrain lors de la grand-messe télévisuelle qu’est la finale du championnat de football américain outre-Atlantique. «Après des années à avoir été tenues à l’écart, nous faisons face ensemble», ont-elles déclaré face caméra. Tenant toutes une photographie de la jeune femme qu’elles étaient à l’époque des faits, elles ont martelé : «Parce que cette fille mérite la vérité. Parce que nous méritons toutes la vérité.» Et le clip de se clôturer sur ces mots, police blanche sur fond noir, «Soutenez-nous. Dites à la procureure générale Pam Bondi QUE L’HEURE DE LA VERITÉ EST VENUE.»
Donald Trump, mentionné à de nombreuses reprises dans le dossier Epstein, enjoignait le 3 février les Etats-Unis à «passer à autre chose» quant à cette affaire au retentissement mondial. Quelques jours plus tôt, le 30 janvier, le gouvernement fédéral rendait accessibles à tous plus de trois millions de pages – dont 2 000 vidéos et 180 000 images –, une diffusion massive d’éléments qui a fait réagir jusqu’aux victimes du pédocriminel retrouvé mort dans sa cellule en 2019, et qui se sont pour certaines indignées du partage de documents non caviardés les exposant nues au monde entier.
Près de la moitié des pages à paraître
A l’inverse, le caviardage d’informations telles que des noms de personnalités en lien avec Jeffrey Epstein sur d’autres documents du dossier attise incompréhension et colère outre-Atlantique. «Nous n’avons protégé ni favorisé personne», s’était défendu Todd Blanche, le procureur général adjoint, lors d’un point presse donné le 30 janvier, à la suite de la parution des millions de documents et cité par The Telegraph.
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Car sur les 6 millions de pages de cette affaire tentaculaire, plus de 2 millions restent à paraître. Une situation que le ministère de la Justice américain justifie notamment, toujours selon le quotidien britannique, par le fait que les fichiers retenus révèlent l’identité des victimes ont un contenu à caractère pornographique et /ou interfèrent avec des enquêtes fédérales en cours.
Ce lundi 9 février, Ghislaine Maxwell, l’ex-compagne et complice de Jeffrey Epstein, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison, sera entendue par la Chambre des représentants américaine. Elle a invoqué son droit à garder le silence. A partir de ce lundi également, les membres du Congrès pourront consulter les dossiers non expurgés sur les ordinateurs ministériels, selon une lettre consultée par NBC News.




