Dans le foisonnant dossier Epstein publié par le ministère de la Justice américain, le nom d’Emmanuel Macron 200 fois, sans que rien de répréhensible ne soit à reprocher au président de la République, pas plus qu’une preuve de contact entre le défunt pédocriminel et lui. Cela n’a pas empêché la France de mettre le doigt sur une tentative d’ingérence russe tentant de le relier au scandale.
Une opération de désinformation liée au réseau Storm-1516 et visant à faire croire à une implication d’Emmanuel Macron dans l’affaire Epstein a été ainsi détectée par les autorités françaises, a vendredi de source gouvernementale, confirmant une information de BFM.
Viginum, le service chargé de lutter contre les ingérences étrangères en ligne, a détecté mercredi cette opération, qui reposait sur la «création d’un site internet usurpant l’identité de France Soir», où a été publié «un article accusant le président de la République Emmanuel Macron d’être impliqué dans l’affaire Epstein», a précisé cette source, confirmant une information de BFMTV.
Dans la foulée, France-Soir, média complotiste, qui a perdu son agrément de service de presse en ligne a publié un démenti sur les réseaux sociaux. «Alerte importante aux lecteurs de France-Soir. Attention : usurpation de marque et de contenu. Le site http://france-soir.net n’a aucun lien avec France-Soir», a-t-il affirmé dans un communiqué posté sur X.
«Visibilité ne veut pas dire impact»
Selon la source gouvernementale, «Viginum impute ce site avec un niveau de confiance élevé au mode opératoire informationnel CopyCop». CopyCop est lié à un ancien policier américain, John Mark Dougan, exilé en Russie depuis 2016 et reconverti dans les ingérences numériques. Ce dernier «enregistre et maintient une partie des infrastructures numériques du mode opératoire informationnel Storm-1516», a encore dit cette source.
Sur X, le premier compte ayant diffusé la vidéo est «@LoetitiaH, un relais historique et fréquent des opérations informationnelles de Storm-1516», détaille encore cette source. Le contenu vidéo a ensuite «été repris et amplifié par de nombreux autres comptes suivis par Viginum et très probablement rémunérés par les opérateurs du mode opératoire», ajoute-t-elle. Une circulation à laquelle a assidûment répondu le compte «French Response», relié au ministère des Affaires étrangères.
Néanmoins, «visibilité ne veut pas dire impact», a souligné cette source, précisant que «cette opération est très similaire» à ce que le réseau Storm-1516 a l’habitude de faire, «en ciblant des personnalités politiques (dont le président) et en rebondissant rapidement sur des faits d’actualité».




