Le numéro 2 du ministère américain de la Justice, Todd Blanche, a annoncé vendredi la publication de «plus de trois millions de pages» supplémentaires du dossier Epstein, dont «plus de 2 000 vidéos et de 180 000 images», reprenant ainsi les divulgations prévues par une loi visant à révéler ce que le gouvernement savait des agissements commis par le criminel sexuel.
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«Ces 2 000 vidéos et 180 000 images n’ont pas toutes été prises par M. Epstein ou un membre de son entourage», a précisé Todd Blanche, expliquant qu’il s’agissait en grande partie de «pornographie». Les images et vidéos de toutes les femmes ont été masquées à l’exception de celles de la complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, a-t-il souligné.
«Efforts minutieux»
Ces nouvelles informations sont divulguées en vertu de la loi sur la transparence des dossiers Epstein, promulguée en novembre après des mois de pression publique et politique et qui oblige le gouvernement à ouvrir ses dossiers sur le financier et sa confidente et ancienne petite amie. Théoriquement, l’«Epstein Files Transparency Act» contraignait l’administration Trump à publier tous les documents à sa disposition avant le 19 décembre. Mais après plusieurs livraisons, le ministère de la Justice avait annoncé le 24 décembre que le processus pourrait encore prendre «plusieurs semaines». Début janvier, le procureur de New York, Jay Clayton, avait précisé que plus de 400 avocats se consacraient à l’examen de ces dossiers. «Il s’agit d’un volume important, et les types, tailles et formes des documents restant à examiner varient considérablement», avait-il argué avant de souligner que des «efforts minutieux» devaient être déployés pour protéger les victimes d’Epstein contre toute divulgation inappropriée de leur identité ou d’informations privées.
Jusqu’à présent, les publications ont surtout éclairé le spectaculaire réseau du richissime financier new-yorkais, mort en prison en 2019 à New York avant d’être jugé pour avoir monté un système d’exploitation sexuelle de jeunes filles mineures. Ils ont pour le reste posé plus de questions qu’ils n’ont apporté de réponses, par exemple sur l’existence d’éventuels complices de Jeffrey Epstein. Outre l’homme d’affaires, qui selon les autorités s’est suicidé dans sa cellule, la seule autre personne poursuivie a été Ghislaine Maxwell, qui purge une peine de vingt ans de prison.
Théories du complot
Lors des précédentes livraisons, la Maison Blanche a été accusée de dissimulation par l’opposition démocrate, qui lui reproche de ne livrer qu’au compte-gouttes les pièces de l’énorme dossier, après les avoir lourdement caviardées. Proche d’Epstein, même s’il s’en défend régulièrement aujourd’hui, le président américain a régulièrement cherché à empêcher la publication du dossier, suscitant l’incompréhension de certains de ses partisans, qui voient dans l’affaire, terreau fertile pour toutes sortes de théories du complot, la confirmation de leurs suspicions sur la dépravation des élites.
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Parmi les documents non encore publiés figurent des pièces susceptibles d’éclairer la toute première affaire Epstein, vieille de plus de quinze ans et distincte des poursuites engagées plus tard à New York. Dans cette première affaire, instruite par des procureurs de Floride, Jeffrey Epstein était accusé d’avoir eu recours aux services de prostituées mineures. Il avait écopé d’une peine aménagée de prison de treize mois et échappé à un procès grâce à un accord secret passé en 2008 avec un procureur, jugé extrêmement indulgent par les experts. Les parlementaires à l’origine de la loi sur la divulgation du dossier voudraient voir l’acte d’accusation établi à l’époque contre le financier, ainsi qu’un mémoire résumant l’enquête.




