Deux semaines après la publication des Epstein Files, où plusieurs ressortissants français apparaissent au milieu des trois millions de documents, le parquet de Paris passe la seconde. Dans un communiqué transmis samedi soir à la presse, le ministère public annonce avoir «désigné des magistrats référents» missionnés pour enquêter sur «des infractions […] à caractère sexuel ou financier» dans lesquelles pourraient être impliqués des ressortissants français.
Dans le même communiqué, le parquet de Paris annonce qu’il procède à «l’exploitation des documents» en question, en lien avec le parquet national financier et la direction nationale de la police judiciaire, ce «afin d’ouvrir des enquêtes sur les éléments susceptibles de caractériser des infractions» où les juridictions françaises seraient compétentes.
Réouverture du dossier Brunel
Le ministère public annonce également qu’il «procède à une réanalyse intégrale» du dossier de Jean-Luc Brunel, agent de mannequins soupçonné d’avoir été le «rabatteur» d’Epstein en France, et qui s’est suicidé en prison en février 2022. La procédure s’étant éteinte pour non-lieu du fait de sa mort, le parquet a décidé sa réouverture, décidé à «en extraire toute pièce susceptible d’être utilement réexploitée». Seul mis en examen dans cette enquête, Brunel se voyait notamment reprocher un viol dans les années 1980.
Pour expliquer la réouverture du dossier, le parquet note que «les enquêteurs ont synthétisé des auditions issues d’une procédure américaine en relevant que Jean-Luc Brunel était un ami proche de Jeffrey Epstein ; qu’il offrait des emplois de mannequins à de jeunes filles pauvres ; qu’il s’était livré à des actes sexuels avec des jeunes filles mineures aux Etats-Unis, dans les Iles Vierges américaines, à Paris et dans le sud de la France».
Trois enquêtes ouvertes
Par ailleurs, le parquet a annoncé avoir ouvert trois nouvelles enquêtes portant sur des ressortissants français : la première intervient après un signalement du ministère des Affaires étrangères le 10 février concernant Fabrice Aidan, diplomate cité dans les dossiers «sans autre précision», mais qui avait fait l’objet d’une enquête en 2013 de la part du FBI pour des suspicions de consultation de sites pédopornographiques.
Une deuxième enquête, déjà rapportée par le Point, vise le «rabatteur» algéro-suédois Daniel Siad, après qu’une ressortissante suédoise a déposé plainte contre lui pour un viol commis en France en 1990. Une troisième, enfin, concerne le chef d’orchestre Frédéric Chaslin, pour «des faits de harcèlement sexuel […] commis en 2016». Le chef d’orchestre avait expliqué, début février sur Facebook, l’apparition de son nom par une demande que lui aurait faite le financier pédocriminel «de lui recommander une interprète afin de l’accompagner dans la visite de musées parisiens».




