
Agriculture régénérative au Brésil : «Je crois que nous sommes sur le bon chemin»
«Cela n’avait pas de sens pour nous de planter du soja pour engraisser les porcs en Chine.» Ce bon mot, allusion à la monoculture du grain dont le Brésil est devenu le plus grand producteur mondial, arrache un sourire un peu narquois au directeur du campus Lagoa do Sino, Alberto Carmassi. Et pour cause : cette école d’agronomie située à environ 270 km de São Paulo se revendique comme l’épicentre de la «transformation» de l’agriculture brésilienne, hautement dépendante des pesticides, de l’eau et de la terre. Nous sommes dans le sud-ouest pauliste, à la croisée de deux écosystèmes menacés par ce modèle, la forêt atlantique et la savane du Cerrado. Les monocultures d’eucalyptus ou de café s’étendent à perte de vue.
Le genre de paysage qu’on ne verrait pas en agriculture régénérative, le modèle expérimenté sur le campus. «C’est l’avenir», prophétise Alberto Carmassi, qui présentait l’expérience, baptisée «transition tropicale» jeudi en marge de la COP 30 à Belém, au pavillon de l’Agrizone, dans les locaux de la Société brésilienne de recherche agricole, l’Embrapa. Restaurer la santé des sols et la