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Argentine : appel à la grève générale pour protester contre la loi de «modernisation du travail»

Le texte polémique du gouvernement ultralibéral de Javier Milei facilite les licenciements, limite le droit de grève, autorise le fractionnement des congés. Déjà adopté par le Sénat, il doit être débattu à l’Assemblée prochainement.

Manifestation contre la loi de «modernisation du travail» le 11 février à Buenos Aires. (Rodrigo Abd/AP)
Publié aujourd'hui à 20h08

La principale centrale syndicale d’Argentine a décidé lundi de lancer un appel à la grève générale le jour où la Chambre des députés débattra de la réforme du travail du président Javier Milei, déjà entérinée par le Sénat. Le projet de loi contesté dit de «modernisation du travail» - de précarisation selon les syndicats - du dirigeant ultralibéral doit être débattu devant la Chambre des députés cette semaine ou la prochaine.

Cette réforme vise à rendre le marché plus flexible : elle facilite les licenciements, réduit les plafonds d’indemnités, limite le droit de grève en élargissant les services «essentiels», autorise le fractionnement des congés, entre autres changements jugés «régressifs» par la CGT, la principale centrale syndicale, qui a tenu une réunion d’urgence lundi.

La CGT a précisé que la grève générale - la quatrième depuis le début du mandat de Milei en décembre 2023 - se ferait sans mobilisation dans les rues. Elle «témoignera du mécontentement non seulement à l’égard de ce projet de loi mais aussi de l’orientation politique et économique actuelle du gouvernement argentin», a déclaré dimanche à Radio 10 le coprésident de la CGT Cristian Jerónimo. L’appel à la grève sera officiellement lancé mercredi au cours d’une conférence de presse.

Emplois informels

La politique d’austérité budgétaire et de déréglementation de Javier Milei a déjà entraîné la perte de près de 300 000 emplois, entre privé et public, dans le secteur formel, selon le secrétariat du Travail. Le président veut aller plus loin dans sa politique de dérégulation avec sa réforme du travail, surfant sur un renforcement de son camp au Parlement après les législatives de mi-mandat en octobre.

Le gouvernement soutient que les changements voulus, couplés à une réduction de charges sociales pour l’employeur, vont inciter à régulariser une grande partie des plus de 40 % d’emplois informels, un boulet de l’économie argentine, qui montre des signes durables de stagnation même si l’inflation a été contenue.

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