Pas question de changer les plans. Mais pas question non plus de prendre le moindre risque. A cinq jours de l’investiture présidentielle de Lula, l’équipe du nouveau président brésilien a assuré que la sécurité serait assurée dimanche par une mobilisation de 100 % des forces de l’ordre. Pourquoi cette mise au point ? Dans un pays où les divisions n’ont cessé de se creuser au cours du mandat de Jair Bolsonaro, une tentative d’attentat à l’explosif a été découverte le week-end dernier dans la capitale brésilienne.
La cérémonie d’intronisation se déroulera de manière «sûre et pacifique», a déclaré mardi Flavio Dino, futur ministre de la Sécurité publique, lors d’une conférence de presse. Brasilia se prépare à accueillir des centaines de milliers de personnes pour cette investiture, dimanche 1er janvier : «Les forces de police du District Fédéral [de Brasilia] seront mobilisées à 100 % pour garantir la sécurité non seulement du président, mais aussi des délégations étrangères et de la population.»
Les plans pour les cérémonies «n’ont pas été modifiés», a poursuivi le ministre, interrogé sur la possibilité que Luiz Inacio Lula da Silva descende l’Esplanade des ministères à bord d’une voiture fermée au lieu de la traditionnelle Rolls Royce décapotable. La décision «sera prise en temps voulu».
Crainte de troubles ou d’attentats
Flavio Dino a demandé au Tribunal fédéral de suspendre le port d’armes dans la capitale à partir de mercredi et jusqu’au 2 janvier, au lendemain de la cérémonie de prise de fonction. «Des petits groupes terroristes ou extrémistes» ne suffiront pas à ébranler la démocratie brésilienne, a-t-il promis.
De nombreux sympathisants du président élu de gauche ont exprimé sur les réseaux sociaux leur crainte de troubles ou d’attentats, surtout depuis la découverte, samedi dernier, d’un engin explosif dans un camion-citerne près de l’aéroport de Brasilia. Activé, l’engin n’a pas explosé.
L’homme qui l’avait déposé a été arrêté et voulait, selon ses déclarations à la police publiées par la presse locale, «provoquer le chaos» et «l’intervention des forces armées» afin d’«empêcher l’établissement du communisme au Brésil». Un nombre d’armes impressionnant a été trouvé chez ce sympathisant du président sortant d’extrême droite Jair Bolsonaro. Le gouverneur de Brasilia, Ibaneis Rocha, a indiqué mardi qu’un deuxième homme, soupçonné d’avoir aidé le principal suspect, était recherché.
Des bolsonaristes radicaux ont bloqué des routes et manifesté devant des casernes dans le pays après la victoire très serrée de Lula au scrutin du 30 octobre. Deux mois plus tard, il y a toujours des manifestations, devant certaines casernes, de l’armée de bolsonaristes qui ne reconnaissent pas la victoire de Lula et exigent une intervention militaire.
Jair Bolsonaro, qui n’a jamais félicité Lula et semble avoir sombré dans la dépression, n’apparaît quasiment plus en public depuis sa défaite à la présidentielle. Il n’a pas condamné divers incidents provoqués par ses supporters.
Il est peu probable qu’il ceigne M. Lula de l’écharpe présidentielle le 1er janvier, comme le veut la tradition institutionnelle. Et les médias brésiliens spéculaient sur un éventuel départ mercredi du président sortant – officiellement en fonction jusqu’au 31 décembre – pour les Etats-Unis.