La foule s’est déjà volatilisée. Cela ne fait pourtant qu’une demi-heure que Jeannette Jara a prononcé les derniers mots de son discours sur cette petite place du quartier aux rues pavées «Paris y Londres» de Santiago, dimanche 16 novembre au soir. Les derniers confettis finissent d’être balayés. Une victoire au goût de déroute. La candidate communiste de 51 ans, représentante de la coalition de gauche Unidad por Chile, vient de remporter le premier tour de la présidentielle avec 26,85 % des voix.
Son score, inférieur aux 28,5 % prévus par les derniers sondages, ne lui offre qu’une maigre possibilité de victoire au second tour face à une extrême droite à son plus haut niveau depuis le retour à la démocratie dans le pays en 1990. L’ancienne ministre du Travail du gouvernement du président socialiste Gabriel Boric ne se départit pas de son sourire pour autant : «Ne laissez pas la peur geler vos cœurs !» scande-t-elle à la tribune en référence au fort sentiment d’insécurité qui traverse le pays.




