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Rivalité

Au Pérou, Chancay, un port de discorde entre la Chine et les Etats-Unis

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Le jugement de la Cour de justice de Lima limite fortement le contrôle des autorités péruviennes sur une méga-infrastructure financée et gérée par un groupe public chinois. Une décision qui incommode Washington.

Le port de Chancay, à 80 kilomètres de Lima, le 30 septembre 2025. (Connie France/AFP)
ParAgathe Fourcade
Correspondante à Lima
Publié aujourd'hui à 13h21

«Tout a un prix et à la longue, les choses bon marché finissent par coûter cher. Il n’y a pas de prix plus élevé que de perdre sa souveraineté.» A peine en poste, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis au Pérou, Bernie Navarro, n’a pas mâché ses mots sur le réseau X face au dur revers judiciaire subi par les autorités péruviennes.

Le 11 février, la Cour de justice de Lima a en effet rendu un jugement explosif. Selon les juges, l’Ositran, l’organisme de surveillance des investissements dans les infrastructures de transport à usage public péruvien, n’a pas l’autorité ni de contrôler, ni d’auditer, et encore moins de sanctionner le site de Chancay, plus grand port en eau profonde de la côte Pacifique, situé à 70 km au nord de Lima. Une décision loin d’être anodine puisque l’installation a été construite et est gérée à 60 % par l’entreprise publique chinoise Cosco Shipping.

«Cela crée un précédent dangereux, a réagi Veronica Zambrano, la directrice de l’organisme. Cela nous préoccupe que des investisseurs souhaitent se soustraire aux normes de l’Etat péruv

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