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Aux Etats-Unis, la Chambre des représentants vote la fin du «shutdown»

Depuis samedi, les démocrates refusaient d’adopter un budget sur la sécurité intérieure sans une réforme de l’ICE, responsable de deux morts à Minneapolis.

Le «Speaker» de la Chambre des représentants, Mike Johnson, au Capitole, ce mardi 3 février. (J. Scott Applewhite/AP)
Publié le 03/02/2026 à 20h30, mis à jour le 03/02/2026 à 21h07

La Chambre des représentants américaine a adopté ce mardi 3 février un texte budgétaire pour mettre fin à plus de trois jours de paralysie d’une partie de l’administration fédérale. La promulgation attendue dans la foulée par Donald Trump permettra de conclure officiellement ce «shutdown light» qui sévit depuis samedi sur fond de dissensions entre républicains et démocrates sur le financement de la police de l’immigration (ICE), après les événements récents de Minneapolis.

La proposition de loi avait déjà réussi à passer un test important avec un vote de procédure dans la matinée, non sans péripéties. Plusieurs élus républicains avaient menacé de voter non car ils refusent catégoriquement de renégocier le budget du ministère de la Sécurité intérieure (DHS), une exigence des démocrates.

Ces menaces faisaient porter un risque sur le passage du texte, puisque les républicains ne pouvaient se permettre qu’un seul vote contre si l’ensemble des démocrates rejettaient également la proposition de loi. Finalement, le texte a franchi cette étape de justesse, avec 217 voix pour et 215 contre.

«Sans délai»

Le chef républicain de la Chambre, Mike Johnson, a passé une bonne partie de sa journée de lundi à négocier avec les élus réfractaires de son camp. Pour les convaincre, il a pu compter sur un appui de poids, avec le message lundi de Donald Trump à l’adresse des parlementaires.

«Nous devons rouvrir le gouvernement et j’espère que tous les républicains et les démocrates se joindront à moi pour soutenir cette loi», a lancé le locataire de la Maison Blanche. Il a dit également vouloir une promulgation «sans délai» pour mettre fin à ce «shutdown» , qui trouve son origine dans les événements récents de Minneapolis.

Les démocrates s’indignent de la mort fin janvier d’Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans tué par balles par des agents fédéraux en marge de manifestations contre la présence de la police de l’immigration (ICE), qui dépend du DHS, dans cette métropole du nord des Etats-Unis. Son décès est intervenu moins de trois semaines après celui de Renee Good, également tuée par balle par des agents fédéraux à Minneapolis.

Réformes

Depuis, les démocrates martelaient leur refus de voter tout budget pour le DHS sans que d’importantes réformes de l’ICE ne soient mises en place. Ils demandaient notamment l’emploi systématique de caméras-piétons pour les agents, l’interdiction du port de cagoules ou encore qu’un mandat judiciaire précède toute arrestation.

«Personne n’est au-dessus de la loi. Les agents de l’ICE devraient être tenus aux mêmes règles que tout autre membre des forces de l’ordre dans ce pays», a déclaré Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate de la Chambre, lors d’une conférence de presse lundi au Capitole.

La partie concernant le DHS fera l’objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines. Entre octobre et novembre dernier, les Etats-Unis avaient connu le plus long «shutdown» de leur histoire avec quarante-trois jours de blocage, lors desquels républicains et démocrates avaient bataillé sur la question de subventions pour l’assurance santé de millions d’Américains.

MAJ à 21 h 07 avec éléments de contexte.

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