Journaliste et auteur, Yannis Ruel a vécu plusieurs années à Porto Rico. Après avoir dirigé l’anthologie ¡Saoco ! The Bomba and Plena Explosion in Puerto Rico 1954-1966 sur le label Vampi Soul en 2012, il a publié en 2024, avec Fabrice Clerfeuille, Salsa ! Un voyage musical en 100 disques essentiels (Le Mot et Le Reste), un guide indispensable pour les amateurs de rythmes latinos. Il retrace pour Libération l’histoire des relations entre musique et politique sur l’île de Bad Bunny.
La démarche artistico-militante de Bad Bunny a-t-elle des antécédents ?
Oui, les plus évidents sont le duo Calle 13 et le chanteur Tego Calderón. Né en 1994, Bad Bunny a grandi au moment où le reggaeton, un genre underground et mal famé en raison de son contenu sexiste et vulgaire, accédait à la notoriété, notamment en abordant l’engagement politique. Calle 13 se fait connaître en 2005. En 2002, dès son premier album, Tego Calderón avait montré la voie d’un reggaeton militant avec une reprise d’un célèbre morceau de salsa de Tommy Olivencia, Planté Bandera («J’ai planté le drapeau»), clairement pro-indépendance.
Bad Bunny a-t-il collaboré avec eux ?
On retrouve des featurings de Tego Calderón ou de Residente, le




