Yeux fermés, mains implorant le ciel, un jeune homme en tenue de sport paraît comme traversé de convulsions, tandis que des fidèles s’agenouillent pour se recueillir dans cette modeste église évangélique de banlieue. Pendant un bon quart d’heure, l’«évêque» Camila a enchaîné les chants prophétiques, en prélude à l’entrée triomphale de son époux, l’«apôtre» Fernandes, qui a fondé ce culte en 2011. A l’époque, il s’en créait un par heure au Brésil, eldorado de ce nouveau protestantisme qui est la religion d’un électeur sur quatre.
Avec son costume près du corps et son toupet sur le crâne, le prédicateur cultive des faux airs de Neymar. Au micro, il ponctue ses phrases d’un «Wooh !» auquel l’assistance répond par des interjections pleines de ferveur. A quelques jours du scrutin, le prédicateur ne dit mot sur le duel entre Lula et Bolsonaro, alors qu’à travers le Brésil, ses pairs prêchent contre le patron de la gauche, présenté comme un mécréant prêt à fermer les églises et à détruire les «valeurs».
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Chez les Fernandes, on est bien «de droite» mais «on ne parle pas politique pendant le culte, martèle Camila, regard frangé de longs faux cils. Cela dit, quand des fidèles viennent nous trouver pour nous demander conseil, là, on défend notre candidat.» Nul besoin de lui demander lequel. Les églises évangéliques sont un pilier du bolsonarisme. Les pasteurs ont peu goûté la visibilité dont ont joui les minorités sexuelles et les luttes féministes penda




