Rattrapé par la patrouille. L’ex-président brésilien Jair Bolsonaro, en résidence surveillée depuis plusieurs mois, a affirmé dimanche avoir usé d’un fer à souder contre son bracelet électronique dans un moment de «paranoïa», indique la Cour suprême dans un document obtenu par l’AFP et Reuters.
L’imprévisible ancien dirigeant d’extrême droite (2019-2022) a été condamné en septembre à 27 années de prison pour une tentative de coup d’Etat visant à empêcher le retour au pouvoir de son rival de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, son tombeur à la présidentielle d’octobre 2022.
OUÇA momento em que Bolsonaro admite que tentou violar tornozeleira eletrônica com 'ferro quente' https://t.co/jmOcJlfBYa #g1 pic.twitter.com/8uZubWLVCb
— g1 (@g1) November 22, 2025
Condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’Etat, l’ex-chef d’Etat a été placé samedi en détention provisoire. Une décision que la justice a justifiée par la crainte que ce dernier ne s’enfuie. «Il a été fait prisonnier, mais je ne sais pas pourquoi», avait fait savoir un peu plus tôt à l’AFP Celso Vilardi, l’un de ses avocats.
Ce dimanche matin, on sait que c’est parce qu’il a tenté de rompre le bracelet qu’il portait depuis août tout en étant assigné à résidence. Un juge en a conclu qu’il nourrissait des projets d’évasion. Selon un document judiciaire révélé dimanche après-midi par l’agence Reuters, l’ancien président brésilien a déclaré à un juge que des médicaments avaient déclenché une «paranoïa» et des «hallucinations» qui l’avaient poussé à tenter d’enlever son bracelet de la cheville.
Conduit samedi matin dans les locaux de la police fédérale à Brasilia, Jair Bolsonaro, 70 ans, a dit «avoir ressenti une certaine paranoïa entre vendredi et samedi due aux médicaments (...) et avoir décidé alors, avec un fer à souder, de manipuler le bracelet électronique», selon le document de la Cour. Lors d’une audience dimanche à Brasilia, l’ancien président a assuré avoir eu «des hallucinations» selon lesquelles il y avait un dispositif d’écoute dans le bracelet, détaille le procès-verbal.
Jair Bolsonaro a également affirmé «qu’il n’avait aucune intention de fuir et qu’il n’y avait pas eu de rupture de la sangle» du bracelet, selon le document. L’ex-président a encore dit avoir passé une bonne partie de l’après-midi de vendredi à tenter d’ouvrir le bracelet jusqu’à ce qu’il «revienne à la raison» vers minuit et s’arrête.
Analyse
Dans la vidéo, on voit le bracelet électronique toujours à sa cheville mais très endommagé et brûlé. A une interlocutrice qui lui demande comment il a procédé, on l’entend raconter avoir utilisé un fer à souder, tout en ajoutant l’avoir fait par «curiosité».
Mise à jour : à 17 h 30, avec de nouveaux éléments




