«Bras le long du corps !» ordonne l’officier. Les élèves de l’école secondaire publique Beatriz-Ansay s’exécutent comme un seul homme, dans un claquement parfaitement synchronisé. Une journée ordinaire commence dans cet établissement mixte civil et militaire de Curitiba. L’un des 127 du genre qui ont vu le jour au Brésil depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro en 2019. Tous les jours, les élèves, de la sixième à la terminale, doivent se plier à la revue militaire. Le colonel Jeferson Ghisi, chef de l’équipe militaire qui a pris, voilà deux ans, les rênes de l’établissement, dissipe l’ambiguïté : «Nous ne sommes pas là pour former des soldats.» Le rituel militaire, explique, impassible, le réserviste de l’armée de l’air, «c’est pour que les élèves entrent en rang dans les salles de classe, afin de commencer les cours à l’heure». Non sans avoir auparavant fait le salut militaire à l’enseignant.
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Sous le préau battu par un froid glacial, un bonnet à oreilles de chat côtoie un chandail Bob l’éponge. Ici, tout le monde ne porte pas l’uniforme, pourtant obligatoire. «Ne bougez pas !» tonne l’officier en passant entre les rangs. Coup de trompette et lever de drapeau. Les élèves entonnent l’hymne national, avant de se diriger vers les classes, pas aussi alignés et en silence que prévu.
«Chasser le communisme»
Avec Jair Bolsonaro, ancien capitaine d’infanterie, les militaires sont partout : au pouvoir, avec six portefeuilles ministériels et plus de 3 000 postes dans la fonctio




