Arrêtons d’être dans le déni des mots. Trop longtemps, de peur de jouer les Cassandre, on a rivalisé de prudence en voyant sauter les digues une à une. Trop longtemps, nous nous sommes satisfaits des précautions nuancées sur un terme historique qui s’avère aussi complexe à définir qu’il est parfois évident à constater. Trop longtemps, on a voulu croire qu’en repoussant l’échéance, l’ancien allié américain reviendrait à la raison. Que Donald Trump changerait d’avis. Que son administration exagérait. Mais il faut se rendre à l’évidence : le pouvoir en place à Washington n’est pas simplement en route vers l’illibéralisme, il est de nature fasciste. Le mot doit désormais être utilisé.
Culte de la personnalité
Ce week-end, la police migratoire, qui est devenue le bras armé de ce nouveau régime, a exécuté un manifestant pacifique à Minneapolis. Oui : dix balles dont une dans le dos contre un homme à terre et désarmé, c’est une exécution. Tirer dix fois sur un homme au sol parce qu’il a tenté d’aider une manifestante bousculée, parce qu’il a lui aussi protesté contre les rafles racistes d’une police politique, c’est même une exécution politique. Et c’est surtout l’expression la plus claire de ce qu’on n’ose trop souvent pas dire en dehors de certains milieux militants parce que, avouons-le, cela effraie : le trumpisme est une nouvelle forme de fascisme.
La question n’est pas tant de savoir si Donald Trump est lui-même fasciste. Le milliardaire se contente des idées qui servent ses propres intérêts. Il faut c




