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Tempête

Une tornade fait six morts et 750 blessés dans le sud du Brésil : «C’est un scénario de guerre»

Des vents violents ont dévasté samedi 90 % d’une localité du sud du pays, dans l’Etat du Parana, entraînant des destructions matérielles sans précédent. Le lourd bilan humain est encore provisoire.

Selon le système de surveillance du Parana, les vents ont atteint de 180 à 250 km/h entraînant des chutes d’arbres et des destructions de maisons en dur. (AFP)
Publié le 08/11/2025 à 14h37, mis à jour le 09/11/2025 à 8h12

Une dévastation. La tornade qui a ravagé vendredi la municipalité de Rio Bonito do Iguaçu a fait au moins six morts et 750 blessés. Selon la défense civile, 90% de la ville a été touchée. Les vents violents ont renversé des voitures et entièrement détruit des maisons dans cette petite ville de 14 000 habitants située à environ 400 kilomètres de la capitale de l’Etat, Curitiba. Le phénomène météorologique a entraîné des destructions sans précédent dans la région, à quelque 300 km des célèbres chutes d’Igaçu.

La tornade, qui n’a duré que quelques minutes, a renversé des voitures et détruit des maisons entières à Rio Bonito do Iguaçu, une localité de 14 000 habitants. «Je tiens à exprimer mes sincères condoléances à toutes les familles qui ont perdu des êtres chers dans la tornade […] Et à offrir ma solidarité à toutes les personnes touchées», a écrit sur X le président brésilien, Lula.

Les pompiers du Parana et les services de santé de plusieurs municipalités voisines ont pris en charge les centaines de blessés, a déclaré le gouvernement du Parana dans un communiqué. Parmi eux, neuf le sont grièvement et plusieurs ont dû subir une intervention chirurgicale. De plus, deux personnes sont portées disparues, a indiqué le gouvernement local.

«C’est un scénario de guerre, a déclaré au portail G1 le colonel Fernando Schunig, directeur de la Défense civile du Parana. Il y a une grande possibilité qu’il y ait davantage de victimes. Malheureusement, cette tornade a frappé le périmètre urbain de la ville et, lorsque ces événements se produisent dans la partie urbaine, les dégâts sont vraiment très importants, très meurtriers.»

Selon le Système de technologie et de surveillance environnementale du Parana, les vents ont atteint de 180 à 250 km/h. Il y a eu «des chutes d’arbres et même des (destructions de) maisons en dur», a précisé l’organisme. Des habitants ont raconté aux médias locaux que la tornade était accompagnée d’une tempête, de vents violents et de grêle. Les pompiers poursuivent samedi les opérations de recherche et de sauvetage dans les zones touchées, principalement dans les structures les plus dévastées.

Week-end à risque

Le gouvernement du Parana a décrété «l’état d’urgence» à Rio Bonito do Iguaçu. «Sous la direction du président Luiz Inacio Lula da Silva, nous travaillons sur les plans d’aide humanitaire, l’envoi d’équipements et le soutien à la reconstruction», a annoncé sur son compte X le ministre de l’Intégration et du Développement Régional, Waldez Goes. De son côté, le gouverneur du Parana, Ratinho Junior, a précisé que «les forces de sécurité [étaient] en alerte, mobilisées et (surveillaient) les villes touchées par les violentes tempêtes», lui aussi sur X.

Les villes de Rio de Janeiro et São Paulo ont par ailleurs relevé leur niveau d’alerte en raison des vents violents et des pluies, et les autorités ont demandé à la population d’éviter tout déplacement.

L’Institut national de météorologie maintient pour le week-end une alerte de «danger de tempêtes» dans tout le Parana, ainsi que dans les autres Etats méridionaux de Santa Catarina et Rio Grande do Sul, proches de l’Argentine et de l’Uruguay.

Depuis le début du mois de novembre, plusieurs villes du Parana font face à de fortes pluies, des orages, des vents violents et de la grêle. Selon les scientifiques, le réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs.

Mise à jour à 17 h 07 avec le bilan actualisé, la déclaration du président Lula et l’alerte relevée à Rio de Janeiro et São Paulo ; le 9 novembre à 8 h 12 avec un nouveau bilan et davantage de précisions.

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