Professeur à l’école de criminologie de l’Université de Montréal, David Décary-Hétu s’intéresse aux réseaux et aux marchés criminels, ainsi qu’au trafic de stupéfiants. Il revient sur l’expérience de la légalisation du cannabis au Canada depuis 2018, et ses conséquences sur la consommation et le marché des stupéfiants.
Quel a été l’impact de la légalisation du cannabis au Canada en 2018 sur le narcotrafic ?
Il faut déjà noter que la taille du marché illicite a énormément diminué. Au Québec, environ 70 % du marché du cannabis est aujourd’hui comblé par l’offre légale. Bien sûr, il y a toujours une offre illégale, notamment à destination des personnes de moins de 21 ans [qui, au Québec, ne peuvent pas acheter de cannabis dans les commerces d’Etat, ndlr]. On a également toujours un marché illicite pour certains produits, comme pour les produits de vapotage du cannabis, dont certains doivent d’ailleurs être légalisés le 26 novembre au Québec, et pour lesquels les consommateurs se tournent encore aujourd’hui vers le marché illicite. Il restera donc toujours une place pour le trafic, et il y aura toujours une part difficile à combler pour le marché légal. C’est l’éternel équilibre qu’il faut trouv




