Menu
Libération
Interview

Contre le trafic de drogues, la leçon canadienne pour la France : «L’interdiction et la répression ne fonctionnent pas»

Réservé aux abonnés

Pour lutter contre le narcotrafic, il faut «s’attaquer aux infrastructures plutôt qu’aux flux de circulation des drogues», estime David Décary-Hétu, criminologue à l’Université de Montréal.

Le chercheur canadien David Décary-Héru préconise de «s’attaquer aux infrastructures utilisées par les narcotrafiquants, plutôt qu’aux flux de circulation des drogues qui, eux, sont infinis». (Frederic Scheiber /Hans Lucas.AFP)
Publié le 20/11/2025 à 19h47

Professeur à l’école de criminologie de l’Université de Montréal, David Décary-Hétu s’intéresse aux réseaux et aux marchés criminels, ainsi qu’au trafic de stupéfiants. Il revient sur l’expérience de la légalisation du cannabis au Canada depuis 2018, et ses conséquences sur la consommation et le marché des stupéfiants.

Quel a été l’impact de la légalisation du cannabis au Canada en 2018 sur le narcotrafic ?

Il faut déjà noter que la taille du marché illicite a énormément diminué. Au Québec, environ 70 % du marché du cannabis est aujourd’hui comblé par l’offre légale. Bien sûr, il y a toujours une offre illégale, notamment à destination des personnes de moins de 21 ans [qui, au Québec, ne peuvent pas acheter de cannabis dans les commerces d’Etat, ndlr]. On a également toujours un marché illicite pour certains produits, comme pour les produits de vapotage du cannabis, dont certains doivent d’ailleurs être légalisés le 26 novembre au Québec, et pour lesquels les consommateurs se tournent encore aujourd’hui vers le marché illicite. Il restera donc toujours une place pour le trafic, et il y aura toujours une part difficile à combler pour le marché légal. C’est l’éternel équilibre qu’il faut trouv

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique