Menu
Libération
Violences

Crime organisé au Mexique : pour quatre Américains, le «tourisme médical» tourne au bain de sang

Réservé aux abonnés

Enlevés vendredi par des narcotrafiquants qui les auraient ciblés par erreur, ce groupe d’amis venus pour une opération de chirurgie plastique ont été retrouvés mardi. Deux sont morts, ainsi qu’une Mexicaine tuée lors de la fusillade.

Des agents de la police sur les lieux où ont été retrouvés les corps de deux des quatre Américains enlevés par des narcotrafiquants à Matamoros, au Mexique, mardi. (Daniel Becerril/REUTERS)
ParJulien Gester
correspondant à New York
Publié le 08/03/2023 à 9h48

C’est une brève vidéo, filmée en plein jour vendredi depuis la fenêtre d’un immeuble de Matamoros, dans le nord-est du Mexique, commentée en espagnol et en direct par deux voix d’hommes hors-champ qui bavardent d’un ton détaché. On y voit la circulation d’une rue paralysée par un pick-up blanc, à l’arrêt, et deux silhouettes inanimées, gisant au milieu de la chaussée. Les automobilistes klaxonnent, essayant de s’extraire lentement du bouchon occasionné, tandis que des hommes vêtus de gilets pare-balles traînent les corps jusqu’à l’arrière du véhicule et y font monter deux autres personnes, manifestement tenues captives.

Selon les forces de l’ordre mexicaines, la scène, apparue sur les réseaux lundi, fait suite à une fusillade déclenchée contre le van de quatre Américains tout juste entrés dans le pays pour recevoir des soins en cette ville frontalière. Ces «touristes médicaux» auraient été presque aussitôt ciblés, puis enlevés par les membres d’une faction du cartel du Golfe, hégémonique dans la région. Touchée par une balle perdue, une passante mexicaine a également été tuée sur le moment. Mardi, après quatre jours de recherches et une prime de 50 000 dollars offerte à qui apporterait des renseignements permettant l’arrestation des ravisseurs, les victimes furent retrouvées dans un cabanon d’une bourgade avoisinante, deux d’entre elles mortes, et l’une grièvement blessée.

Ciblés par erreur

Alors que la communication officielle maintenait de nombreuses zones d’ombre quant aux circonstances exac

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique