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Ripostes

Crise russo-ukrainienne: un train de sanctions pour freiner la locomotive Poutine

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Gel de projets européens, interdictions de voyages, rupture avec les marchés financiers occidentaux… Mardi, les Vingt-Sept ont adopté une série de mesures en riposte à l’agressivité du Kremlin.

Contre le Kremlin, faut-il frapper fort ou graduellement ? Au porte-monnaie ou ailleurs ? Telles sont les questions que se posent les alliés de l'Ukraine pour soutenir le pays, agressé par la Russie. (Reuters)
ParJulien Gester
correspondant à New York
Jean Quatremer
Correspondant européen
Publié le 22/02/2022 à 20h43, mis à jour le 22/02/2022 à 21h25

Dès lors que ni les Américains ni les Européens ne veulent envoyer le moindre soldat en Ukraine, pour ne pas risquer une confrontation directe avec la Russie, dont nul ne pourrait prévoir l’issue, ne restent que les sanctions économiques pour peser sur Moscou. Mais si le principe en est acquis depuis longtemps et les mesures possibles prêtes depuis plusieurs jours, leur mise en œuvre soulève de multiples questions. Sanctionner la Russie, certes, mais avec quelle intensité ? Pour l’instant, même si techniquement le Kremlin a bien envoyé ses soldats sur le sol ukrainien, c’est seulement dans la partie du Donbass déjà sous le contrôle des prorusses.

Faut-il alors frapper très fort dès maintenant en espérant que cela dissuadera la Russie d’aller plus avant, comme le réclame Kiev, ou opter pour une riposte graduée qui pourrait encourager Vladimir Poutine à poursuivre «sa» guerre contre l’Ukraine ? Comment éviter que des sanctions économiques qui n’ont jamais fait chuter un régime – en dehors de celui de l’apartheid en Afrique du Sud – ne se retournent contre les Européens qui vont en supporter l’essentiel du poids, comme le craignent l’Allemagne ou l’Italie ? L’Union, le Royaume-Uni et les États-Unis, non sans hésitation, ont finalement décidé d’adopter une stratégie de gradation, afin de ne pas fermer définitivement la porte à la diplomatie. Symbole de cette prudence : Vladimir Poutine n’est toujours pas visé par les sanctions qui n’auront de toute façon «pas d’effet miraculeu

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