Menu
Libération
Etats-Unis

Dans le Minnesota, le vice-président JD Vance défend encore l’ICE après l’arrestation d’un enfant de 5 ans

Le bras droit de Donald Trump s’est rendu jeudi à Minneapolis pour rencontrer des agents de la police de l’immigration. Disant vouloir faire «baisser la température», il a pourtant endossé leur version des faits et menacé les manifestants.

Le vice-président JD Vance lors d'une conférence de presse le jeudi 22 janvier à Minneapolis. (Angelina Katsanis/AP)
Publié le 23/01/2026 à 10h33

L’arrestation mardi d’un petit garçon de 5 ans par la police de l’immigration (ICE) américaine dans la banlieue de Minneapolis, deux semaines après la mort de Renee Good abattue par un agent, a suscité une nouvelle vague de colère. Pour tenter de «faire baisser la température», le vice-président américain JD Vance s’est rendu jeudi 22 janvier dans la ville du Minnesota. Mais après avoir confirmé que l’enfant était détenu par les autorités fédérales, il a surtout pris, une nouvelle fois, la défense de cette sinistre force policière.

Dans un premier temps, le bras droit de Donald Trump a dit s’être demandé «Oh mon Dieu, c’est terrible. Comment avons-nous pu arrêter un enfant de 5 ans ?». Avant d’expliquer avoir changé d’avis. Selon Vance, le garçonnet a été pris en charge par l’ICE après que son père, qu’il a présenté comme un immigrant clandestin, a pris la fuite pour ne pas être appréhendé par les agents. «Que devaient-ils faire d’autre ? Laisser un enfant de 5 ans mourir de froid ?», a-t-il lancé, soutenant de fait la version des faits présentée par la police de l’immigration, sans questionner le bien-fondé d’arrêter un enfant.

Cet événement s’inscrit dans un contexte de tensions grandissantes dans l’Etat du Minnesota. L’ICE y mène depuis plusieurs semaines une opération d’envergure, face aux constatations consécutives à la mort de Renee Good, une Américaine de 37 ans abattue dans sa voiture par un agent le 7 janvier à Minneapolis.

Accusé par l’opposition démocrate d’avoir jeté de l’huile sur le feu en prenant la défense du policier de l’immigration auteur du tir mortel, JD Vance s’est rendu à Minneapolis pour rencontrer des agents de l’ICE. «Oui, vous pouvez manifester», a-t-il ensuite lancé en conférence de presse à l’adresse des habitants de la ville qui protestent quotidiennement, «mais faites-le pacifiquement».

Mais le vice-président américain a renvoyé la responsabilité des violences lors des opérations de l’ICE à l’absence de coopération de la police locale au Minnesota, un des Etats démocrates ciblés par l’offensive anti-immigration du président Donald Trump. «Nous pouvons très bien faire appliquer les lois sur l’immigration sans provoquer le chaos, mais cela nécessite réellement la coopération des autorités étatiques et locales», a-t-il soutenu, déplorant notamment que les agents fédéraux ne soient pas «protégés», selon lui.

Dimanche, des manifestants ont perturbé le service dans une église de la capitale de l’Etat, Saint Paul, dans laquelle ils pensaient que le directeur adjoint du bureau local de l’ICE exerçait la fonction de pasteur. Jeudi, la ministre américaine de la Sécurité intérieure Kristi Noem et le directeur du FBI Kash Patel ont posté sur X des images des arrestations de trois d’entre eux, une avocate spécialisée dans les droits civiques, Nekima Levy Armstrong, ainsi que deux autres personnes, une femme et un homme. Tous sont accusés d’«entrave aux droits» des fidèles, en réunion, pour avoir tenté de les «empêcher de pratiquer leur religion». Dans une interview à la chaîne CNN mercredi, Nekima Levy Armstrong avait accusé l’administration Trump de tenter «de transformer une manifestation pacifique et non violente en crime».

«Bien sûr, nous enquêtons sur les tirs ayant visé Renee Good»

En se basant sur des vidéos, les manifestants et les élus démocrates contestent la thèse officielle selon laquelle le policier qui a tué Renee Good était en état de légitime défense. «Bien sûr, nous enquêtons sur les tirs ayant visé Renee Good», mais «d’une manière qui respecte les droits des gens», a assuré Vance, ajoutant que, «si quelqu’un a fait quelque chose de répréhensible, oui, il fera face à des sanctions disciplinaires».

Le 8 janvier, il avait martelé que le policier de l’immigration qui a abattu Renee Good «bénéficiait d’une immunité absolue». L’Etat du Minnesota a demandé à la justice fédérale la suspension de l’opération de l’ICE. Une audience à ce sujet est prévue lundi.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique