Les critiques régulières contre ces actions, qualifiées «d’assassinat extra-judiciaire», ne freinent pas Donald Trump. Les Etats-Unis ont lancé de nouvelles frappes contre trois navires soupçonnés par Washington de se livrer au trafic de drogue lundi 15 décembre dans l’océan Pacifique, a annoncé l’armée américaine dans la soirée.
«Des renseignements ont confirmé que ces navires transitaient le long de routes connues du narcotrafic dans l’est du Pacifique et étaient impliqués dans le narcotrafic», a déclaré le commandement Sud des États-Unis sur X, dans une publication accompagnée d’une vidéo présentant des frappes de bateaux en mer. «Un total de huit narco-terroristes de sexe masculin ont été tués» dans ces opérations, a ajouté l’armée.
On Dec. 15, at the direction of @SecWar Pete Hegseth, Joint Task Force Southern Spear conducted lethal kinetic strikes on three vessels operated by Designated Terrorist Organizations in international waters. Intelligence confirmed that the vessels were transiting along known… pic.twitter.com/IQfCVvUpau
— U.S. Southern Command (@Southcom) December 16, 2025
Depuis début septembre, les États-Unis ont mené des frappes contre au moins 26 navires accusés de narcotrafic dans les Caraïbes ou l’est du Pacifique, tuant au moins 95 personnes, sans fournir de preuves que ces embarcations soient impliquées dans le trafic de drogue.
Les États-Unis ont en outre considérablement renforcé leur présence militaire en mer des Caraïbes depuis le mois d’août, au nom de la lutte contre le narcotrafic, et sur fond de pression contre le Venezuela de Maduro. Ils ont notamment déployé le plus grand porte-avions du monde, l’USS Gerald R. Ford.
Récit
L’administration du président américain Donald Trump accuse le président vénézuélien Nicolás Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, ce que l’intéressé dément catégoriquement, affirmant que Washington cherche à le renverser pour s’emparer du pétrole de son pays.
La légalité des frappes américaines dans des eaux étrangères ou internationales, contre des suspects qui n’ont pas été interceptés ou interrogés, fait débat, et conduit même des experts et l’ONU à remettre en question ces opérations.
La légalité des frappes remise en question
L’ONG Human Rights Watch (HRW) a exhorté début décembre les partenaires des États-Unis à condamner les frappes «illégales» contre des bateaux de trafiquants de drogue présumés.
«Selon le droit international, le recours intentionnel à une force létale n’est permis qu’en dernier ressort contre un individu représentant une menace imminente pour la vie», soulignait par ailleurs en octobre le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme. En vain.




