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Point du jour

Des prisonniers libérés, des républicains contre Trump, une tutelle américaine appelée à durer… la situation au Venezuela ce jeudi 8 janvier

L’essentiel des informations du jour sur le Venezuela post-Maduro.

Des membres de la police nationale vénézuélienne montent la garde devant l'Hélicoïde de Caracas, qui sert à la fois de QG des services de renseignement et de centre de détention, après l'annonce de la libération de prisonniers, ce jeudi 8 janvier. (Leonardo Fernandez Viloria/REUTERS)
Publié le 08/01/2026 à 21h01, mis à jour le 08/01/2026 à 21h38

La rédaction de Libération résume les principales actualités du jour au Venezuela après la capture par l’administration Trump de Nicolás Maduro le 3 janvier.

Libération d’un «nombre important» de prisonniers, dont des étrangers

Un «nombre important» de prisonniers, y compris des étrangers détenus au Venezuela, ont été libérés, a annoncé jeudi le président du Parlement et frère de la présidente par intérim, Jorge Rodríguez, sans donner davantage de détails. C’est la première libération de prisonniers depuis l’opération, le 3 janvier, de l’armée américaine qui a capturé le président Nicolás Maduro pour le traduire en justice aux Etats-Unis, et la nomination de Delcy Rodríguez à la présidence. «Afin de favoriser la coexistence pacifique, le gouvernement bolivarien et les institutions de l’Etat ont décidé de libérer un nombre important de personnes vénézuéliennes et étrangères», a déclaré Jorge Rodríguez, soulignant qu’«il s’agit d’un geste unilatéral du gouvernement».

L’ONG Foro Penal, qui estimait à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires, s’est félicitée de la «bonne nouvelle» et cherche désormais à déterminer qui figure parmi les personnes relâchées. Les contestations de la proclamation de victoire de Nicolás Maduro à la présidentielle de 2024 avaient conduit à l’arrestation de 2 400 personnes. Plus de 2 000 avaient été ensuite relâchées, selon les chiffres officiels.

Ce jeudi soir, Madrid a annoncé que cinq citoyens espagnols, dont un ayant la double nationalité, comptaient parmi les détenus libérés. La célèbre avocate et militante vénézuélienne Rocío San Miguel, arrêtée en février 2024, fait également partie des prisonniers relâchés. Elle était accusée de «trahison», «terrorisme» et «conspiration». Elle «va bien», a affirmé son avocate à l’AFP.

Des sénateurs républicains votent pour limiter les pouvoirs militaires de Trump

Des sénateurs républicains se sont joints ce jeudi à leurs collègues démocrates pour faire avancer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump contre le Venezuela, un camouflet pour le président américain. La motion de procédure est passée avec 52 voix pour – dont 5 sénateurs républicains – et 47 contre, et le texte lui-même doit désormais être soumis au vote au Sénat la semaine prochaine. En cas d’adoption, il se dirigera vers la Chambre des représentants, où son sort est plus incertain. La résolution a pour but «d’ordonner le retrait des forces armées des Etats-Unis des hostilités à l’intérieur du – ou contre le – Venezuela qui n’ont pas été autorisées par le Congrès». Donald Trump ne serait ainsi pas autorisé à lancer de nouvelles opérations militaires contre le Venezuela sans un vote préalable des parlementaires.

Le crime de lèse-majesté n’a pas plu à Donald Trump, qui s’est emporté jeudi sur son réseau Truth Social contre les cinq sénateurs républicains qui «ne devraient plus jamais être élus». Ajoutant que «ce vote entrave grandement la défense et la sécurité nationale américaines» et que le texte examiné par la Chambre haute du Parlement américain était «inconstitutionnel». Même en cas d’adoption par les deux Chambres du Congrès, Donald Trump pourrait mettre un veto probablement insurmontable au texte, dont la portée reste donc largement symbolique.

Trump évoque une tutelle américaine de plusieurs années sur le Venezuela

Les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela et de son pétrole, a révélé jeudi Donald Trump dans un entretien au New York Times. «Seul l’avenir nous dira» combien de temps Washington entend garder une tutelle sur Caracas, a déclaré Donald Trump à plusieurs journalistes du grand quotidien new-yorkais. Interrogé pour savoir si la situation durerait trois mois, six mois, un an ou plus, il a répondu : «Je dirais beaucoup plus longtemps.»

Donald Trump et toute son administration répètent qu’il est, de leur point de vue, prématuré d’évoquer la tenue d’élections dans le pays. Le Président, qui recevra vendredi les dirigeants de grands groupes pétroliers américains pour leur vanter les «immenses» opportunités au Venezuela, s’est par ailleurs félicité de la «très bonne entente» avec le pouvoir intérimaire à Caracas. «Nous allons reconstruire le pays de manière très rentable, a promis Donald Trump, toujours au New York Times. Nous allons faire baisser les prix du pétrole et donner de l’argent au Venezuela, dont il a désespérément besoin.»

Trois pétroliers en route pour les Etats-Unis avec du brut vénézuélien

Trois navires affrétés par Chevron transportaient ce jeudi du pétrole du Venezuela vers les Etats-Unis, selon une analyse par l’AFP de données de suivi maritime. Deux autres pétroliers missionnés par la major américaine étaient jeudi à l’ancre au port de la raffinerie de Bajo Grande, dans l’ouest du Venezuela, tandis que six autres faisaient route vers le pays sud-américain, d’après les données fournies par Bloomberg. Chevron, seule entreprise américaine opérant au Venezuela, a affrété ces navires dans le cadre de ses expéditions régulières de brut vers les Etats-Unis. Pendant que les navires étaient en transit, le président américain Donald Trump a assuré mardi que Caracas remettrait entre 30 et 50 millions de barils de pétrole «sous sanctions» aux Etats-Unis.

Pétrolier saisi dans l’Atlantique : Moscou accuse Washington d’accentuer les «tensions militaires et politiques»

La réaction de Moscou a fusé ce jeudi, au lendemain de l’interception d’un pétrolier battant pavillon russe par les Etats-Unis. La Russie les accuse d’attiser des «tensions militaires et politiques» : «Le fait que Washington soit disposé à susciter de graves crises internationales est regrettable et alarmant», a pointé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. De quoi, selon lui, abîmer davantage «des relations russo-américaines déjà extrêmement tendues». Lire notre article.

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