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Détentrice d’un permis d’achat d’armes à feu et sans antécédent criminel : ce que l’on sait de la tueuse de Minneapolis

Identifiée comme Robin Westman, la femme transgenre de 23 ans, s’est suicidée après avoir ouvert le feu et tué deux personnes dans une église du Minnesota mercredi 27 août au soir.
Robin Westman, née en 2002, avait fréquenté l’école de l’Annonciation pendant au moins un an comme élève en 2017. (Bertrand Vanier/© Bertrand Vanier / KCS PRESSE)
publié le 28 août 2025 à 16h25

Les larmes continuent de couler après la tragédie qui a frappé Minneapolis mercredi 27 août. Une assaillante, identifiée par comme les autorités comme étant Robin Westman, une femme transgenre de 23 ans, a ouvert le feu lors d’une messe de rentrée pour jeunes dans une église cathlique du Minnesota, avant de se suicider. Deux enfants ont été abattus sur les bancs de l’église de l’Annonciation, dans cette ville du nord des Etats-Unis, et dix-sept autres ont été blessés. Tandis que la police fédérale américaine, le FBI, a ouvert une enquête pour «acte de terrorisme intérieur» et «crime motivé par la haine anticatholique», Libération fait le point sur le profil de la tueuse et ses motivations connues.

Qui est la tueuse ?

Née le 17 juin 2002, selon son permis de conduire, Robin Westman vivait dans un immeuble en briques de trois étages dans un complexe résidentiel de Richfield, une banlieue située juste au sud de l’église précise le New York Times. Elle avait travaillé dans un commerce de cannabis local pendant plusieurs mois plus tôt cette année et était issue d’une fratrie de trois enfants.

Son changement de genre était récent. C’est entre 2019 et 2020 qu’un juge a approuvé une requête, signée par sa mère, demandant un changement de nom de Robert à Robin, affirmant que la mineure «s’identifie comme une femme et souhaite que son nom reflète cette identification». Après le drame de mercredi et pour anticiper toute réaction quant à sa transidentité, le maire de Minneapolis, Jacob Frey, s’est d’ailleurs empressé d’annoncer condamner quiconque utiliserait la fusillade pour diaboliser la communauté transgenre.

Etait-elle préparée ?

Selon la police, Westman n’avait aucun antécédent criminel et serait passée à l’acte seule. La chaîne américaine CNN a expliqué, quelques heures après le drame que la tireuse avait un permis d’achat d’armes à feu qui lui avait été délivré récemment.

Brian O’Hara, chef de la police de Minneapolis, a précisé que trois armes à feu ont été récupérées sur les lieux de la fusillade et que ces dernières avaient été achetées légalement. Il a toutefois admis n’avoir pas plus «d’informations sur l’endroit précis où ces armes ont été achetées».

Qui est son entourage ?

Sa mère, Mary Grace Westman, a travaillé au bureau commercial de l’église dans laquelle a eu lieu la tuerie pendant cinq ans. L’agence Associated Press (AP) rappelle qu’une publication d’août 2021 sur la page Facebook de l’église de l’Annonciation célébrait le départ à la retraite de Mary Grace Westman après cinq ans de service. Le père de la jeune fois, James Allen Westman, avec qui sa mère a divorcé après vingt-cinq ans de mariage en 2013, emmenait lui aussi régulièrement la famille à l’église.

L’oncle de la tireuse, un ancien député du Kentucky, a déploré selon l’agence AP une «tragédie indescriptible». Bob Heleringer a confirmé que Robin Westman était l’une des enfants de sa sœur. Mais il a précisé ne pas bien la connaître et avoir vu sa mère pour la dernière fois lors d’un mariage familial il y a plusieurs années. «J’aurais préféré que Westman me tire dessus plutôt que sur des écoliers innocents», a-t-il déclaré.

Quel est son passif ?

Le Minnesota Star-Tribune, assure que Robin Westman, alors connu sous le nom de Robert, avait fréquenté l’école de l’Annonciation pendant au moins un an comme élève en 2017. Le journal explique que la tueuse a ensuite enchaîné différentes écoles avant de passer quelque temps à la Saint Thomas Academy, une école catholique réservée aux garçons à Mendota Heights (Minnesota).

L’assaillante avait l’habitude de partager des vidéos problématiques sur les réseaux sociaux. Selon le New York Times, leur contenu se concentrait sur les armes à feu, la violence et les tueurs en milieu scolaire. Robin Westman aurait montré sa propre réserve d’armes, de balles et de ce qui semble être des engins explosifs, barbouillés de propos antisémites et racistes et de menaces contre le président Donald Trump.

En guise de manifeste, deux vidéos, publiées le matin de la fusillade - et supprimées depuis – montrent également des pages d’un journal intime, avec de longs passages décrivant la haine de soi, la violence envers les enfants et le désir de se faire du mal. Un autocollant sur le journal affiche des drapeaux LGBTQ et transgenres avec une arme et le slogan «Défendons l’égalité».