«Nous avons eu de petites disputes avec Emmanuel, mais j’aime beaucoup votre président en fait», avait déclaré Donald Trump en 2019, lors de l’inauguration d’une usine Vuitton aux Etats-Unis. La formule résume bien leur relation : parfois cordiale, parfois tendue, souvent pleine de moquerie, voire de mépris.
Entrés en fonction à quatre mois d’intervalle en 2017, Emmanuel Macron et Donald Trump ont montré très tôt une rivalité, avec des poignées de mains qui se transformaient régulièrement en véritables bras de fer. Libé revient sur les moqueries cultes visant le président français.
6 janvier 2025
«Donald, je t’en supplie»
A Washington, Donald Trump est en pleine prise de parole. Le ton est, comme à son habitude, théâtral. Il raconte une conversation avec Emmanuel Macron durant laquelle il l’aurait forcé à accepter ses exigences sur le prix des médicaments, en le menaçant d’une taxe sur les produits français.
Le républicain rejoue la scène et imite le chef d’Etat français : «Emmanuel, si lundi tu n’as pas accepté tout ce qu’on demande, j’imposerai une taxe de 25 % sur tous les produits qui viennent de France.» Puis, toujours en l’imitant, il joue la phrase qu’Emmanuel Macron aurait répondue : «Non, non, non, tu ne peux pas faire ça». Avant de répliquer : «Si, je peux le faire, et je le ferai».
Incompréhension
Le président américain continue le mime. «Emmanuel m’a dit : “Marché conclu Donald, j’adorerais augmenter le prix de mes médicaments sur ordonnance de 200 %. Cela serait un honneur Donald, tout ce que tu veux. Ne le dis pas à la population, Donald, je t’en supplie”», récite-t-il en simulant des sanglots. Ce n’est pas la première fois que le président américain affirme vouloir augmenter le prix des médicaments en Europe pour pouvoir le faire baisser aux Etats-Unis. Seule différence : il annonce cette fois-ci avoir obtenu l’accord d’Emmanuel Macron. Une version démentie par l’Elysée.
13 octobre 2025
«Tu te fais bien discret»
Donald Trump se rend en Egypte, à Charm el-Cheikh, pour entériner le plan de paix entrepris entre Israël et le Hamas. Lors de sa prise de parole, il remercie les pays présents. Quand arrive le tour de la France, il lance «merci beaucoup Emmanuel», puis cherche le président français derrière lui, sans parvenir à le trouver. Il ajoute «J’imaginais Emmanuel debout quelque part derrière moi. Où est-il ?» Le chef d’Etat français est pourtant bien dans la salle. Donald Trump finit par le remarquer et déclare : «Je n’arrive pas à y croire ! Tu te fais bien discret aujourd’hui», provoquant l’hilarité dans l’assemblée.
25 juillet 2025
«Ce qu’il dit n’a aucune importance»
La scène se déroule devant la Maison Blanche. Donald Trump répond aux journalistes avant son départ pour l’Ecosse. Les questions fusent. L’une d’elles concerne l’annonce par Emmanuel Macron d’une reconnaissance prochaine de l’Etat palestinien. L’Américain balaye la question d’un revers de main en concédant d’abord un commentaire qui sonne comme une politesse : «Il est OK, il reste quelqu’un qui joue collectif.» Le républicain aurait pu s’arrêter là, mais ajoute : «Il y a quand même une bonne nouvelle : ce qu’il dit n’a aucune importance.»
16 juin 2025
«Macron ne comprend jamais rien»
Au sommet du G7 qui se tenait au Canada, Donald Trump part avant l’heure prévue, dans un contexte de fortes tensions entre Israël et l’Iran. Emmanuel Macron laisse entendre qu’il rentre pour travailler sur un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran.
Retrouvailles
Le président américain répond sur sa plateforme Truth Social : «C’est faux, il n’a aucune idée de la raison pour laquelle je suis actuellement en route pour Washington. Que ce soit intentionnel ou non, M. Macron ne comprend jamais rien.» Il affirme également que les raisons de son retour précipité à Washington sont «bien plus importantes que cela». Quelques heures plus tard, il exhorte «tout le monde» à «évacuer immédiatement Téhéran».
15 mai 2025
«Nous avons fait un peu plus que la France pour gagner la guerre»
En tournée au Moyen-Orient, Donald Trump prend la parole depuis la base américaine d’Al-Udaid, au Qatar. Devant ses militaires, il évoque la Seconde Guerre mondiale, une semaine après les commémorations du 8 Mai 1945. Il minimise le rôle de la France : «Nous avons fait un peu plus que la France pour gagner la guerre», se réjouit le milliardaire. Il ajoute : «Je ne veux pas faire le malin, mais quand Hitler a fait un discours à la tour Eiffel, je dirais que ce n’était pas vraiment l’idéal.» Dans le même discours, il se moque d’Emmanuel Macron en l’imitant : «Donald, nous célébrons notre victoire sur les Allemands, oh, c’est merveilleux.»
13 novembre 2018
«Ils commençaient à apprendre l’allemand»
Les moqueries de Donald Trump ne datent pas de son deuxième mandat. Deux jours après son séjour à Paris en novembre 2018, il attaque une proposition du président français : l’idée de créer une armée européenne. «Emmanuel Macron a suggéré la création de leur propre armée pour protéger l’Europe contre les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Mais c’était [contre] l’Allemagne dans la Première et la Seconde Guerre mondiale – comment cela a-t-il fonctionné pour la France ? Ils commençaient à apprendre l’allemand à Paris avant que les Etats-Unis arrivent. Payez pour l’Otan ou rien», écrit le républicain sur Twitter.
Emmanuel Macron avait expliqué, le 6 novembre au micro d’Europe 1, que l’Europe ne pourrait pas se défendre sans «une vraie armée européenne». Il invoquait «la Russie, qui est à nos frontières et qui a montré qu’elle pouvait être menaçante» et l’idée d’une Europe «plus souveraine». Donald Trump, lui, tourne une fois de plus cet enjeu stratégique en moquerie historique.
24 avril 2018
«Je vais lui enlever ces quelques pellicules»
Le républicain reçoit Emmanuel Macron à la Maison Blanche pour une visite d’Etat. Devant les journalistes, Donald Trump se penche sur l’épaule de son homologue français et balaye le col de sa veste de costume noir. Il commente son geste : «Je vais lui enlever ces quelques pellicules. […] Il faut qu’il soit impeccable, il est impeccable», dit-il à propos du Français.
20 juillet 2017
«Il aime me tenir la main»
Emmanuel Macron reçoit Donald Trump en France à l’occasion de la fête du 14 Juillet. La célébration coïncide cette année-là avec le centenaire de l’entrée des Etats-Unis dans la Première Guerre mondiale. Peu après, le président américain est interviewé par le New York Times. Voici ce qu’il déclare à propos du Français : «Un type super, décrit-il. Intelligent. Fort. Aime me tenir la main.» Avant de répéter : «Les gens ne réalisent pas à quel point il aime me tenir la main. Et c’est bien. […] Vraiment. C’est une bonne personne. C’est un gars dur mais, écoutez, il doit l’être. Je pense qu’il va faire un président formidable. Mais il aime me tenir la main.» Une «bromance» qui n’aura pas duré longtemps.




