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Donald Trump annonce la fermeture prochaine de «son» Kennedy Center pour des travaux d’ampleur

L’emblématique salle de spectacles de Washington D.C., boycottée par de nombreux artistes depuis la reprise en main par le président américain, va être en chantier pendant deux ans à compter du 4 juillet prochain, a-t-il annoncé.

L'entrée du Kennedy Center à Washington le 29 janvier 2026, pour la première du documentaire «Melania». (Kevin Wolf/AP)
Publié le 02/02/2026 à 11h57

Après avoir fait raser une aile de la Maison Blanche, l’architecte Trump remet le couvert. Le président américain a annoncé dimanche 1er février la fermeture, pour deux ans à partir de cet été, du John F. Kennedy Center, emblématique salle de spectacles de Washington D.C. Le président américain, qui a repris en main le lieu, a vanté sa volonté de transformer ce qu’il présente comme un édifice «vétuste, délabré et en ruine» en «plus beau centre des arts de la scène de son genre» et en un «bastion de classe mondiale des arts, de la musique et du divertissement».

Le Kennedy Center, que le milliardaire a rebaptisé pour y accoler son nom, va fermer le 4 juillet prochain à l’occasion des célébrations des 250 ans des Etats-Unis, a précisé Donald Trump sur son réseau Truth Social. «J’ai déterminé qu’arrêter ses activités de divertissement pour une durée d’environ deux ans constitue la façon la plus rapide de porter le ‘‘Trump Kennedy Center’’ au plus haut niveau de réussite, de beauté et de grandeur», a-t-il expliqué, sans préciser l’ampleur des travaux prévus.

«Le financement est finalisé et entièrement en place !», s’est en tout cas réjoui le milliardaire, également président du conseil d’administration de la salle.

«Plus personne ne veut s’y produire»

Cette grande bâtisse blanche, inaugurée en 1971 en hommage à John F. Kennedy après son assassinat en 1963, proposait une programmation culturelle diversifiée, forte d’une longue tradition de neutralité politique.

Mais le milliardaire américain a repris les rênes de l’institution depuis son retour à la Maison Blanche il y a un an. Il a placé ses proches à la direction, avec comme conséquence la suppression des drags shows et des événements célébrant la communauté LGBT +, tandis que des conférences de la droite religieuse ont été organisées et des artistes chrétiens ont été invités. Le centre a notamment accueilli fin janvier l’avant-première de Melania, le documentaire consacré à la Première dame.

Cette évolution a été dénoncée par la famille du président Kennedy et par l’opposition démocrate qui en conteste la légalité en l’absence de législation au Congrès. Maria Shriver, autrice et membre de la famille Kennedy, a notamment lié sur X l’annonce de la fermeture du centre à venir au fait que «plus personne ne veut s’y produire» et que «tout le monde annule».

Dernier en date à refuser d’y donner des représentations : le compositeur Philip Glass. Le maître de la musique répétitive et minimaliste, trois fois nommé aux Oscars, a jugé «les valeurs du Kennedy Center aujourd’hui […] en contradiction directe avec le message de la symphonie» qu’il devait y présenter et qui est consacrée au président Abraham Lincoln qui a aboli l’esclavage.

D’autres artistes ont décidé d’annuler leurs spectacles prévus dans cette institution, comme la comédie musicale à succès Hamilton, ou encore le groupe de jazz The Cookers. Le Washington National Opera a récemment annoncé qu’il allait quitter le centre, où il était basé depuis son ouverture il y a plus de 50 ans.

En octobre, le Washington Post révélait que les ventes de billets y avaient chuté à leur plus bas niveau depuis la pandémie de Covid en 2020.

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a lancé des transformations de lieux emblématiques de la capitale américaine, à commencer par la construction d’une salle de bal de mille places à la Maison Blanche, pour plusieurs centaines de millions de dollars, ainsi qu’un projet d’arche imposante près du mémorial de Lincoln.

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