Le sixième jour, Dieu créa Donald Trump. Ce n’est certes pas écrit dans la Bible, pas plus que les pères fondateurs n’ont couché dans la Constitution américaine de 1787 le droit de porter un AR-15, le fusil préféré des tueurs de masse, capable de tirer 600 balles par minute à trois fois la vitesse du son. Mais si l’on croit à l’un, pourquoi pas à l’autre ? Et voilà comment, selon une étude réalisée par Paul Djupe, politologue à l’université Denison dans l’Ohio, environ 30 % des Américains pensent que Donald Trump «a reçu l’onction divine pour devenir président». Amen.
Rien ne permet d’affirmer que le principal intéressé partage leur conviction. Mais si la foi des autres, en plus de nourrir son insatiable ego, lui donne la possibilité de maintenir son emprise sur les chrétiens évangéliques, ne pas jouer les messies serait une erreur stratégique. Début janvier, à quelques jours des caucus de l’Iowa, Donald Trump relaie ainsi sur son réseau Truth Social une vidéo bizarroïde modestement intitulée «God Made Trump» («Dieu a créé Trump»). La voix off n’y va pas par quatre chemins : «Le 14 juin 1946, Dieu a regardé le paradis qu’il préparait et a dit “j’ai besoin d’un gardien”. Et Dieu nous a donné Trump.»




