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Banque centrale américaine

Etats-Unis : Donald Trump nomme Kevin Warsh comme prochain patron de la Fed

Le milliardaire, qui cherche à contrôler davantage la Réserve fédérale américaine, a annoncé ce vendredi 30 janvier le nom du successeur de Jerome Powell, qu’il n’a de cesse de vilipender.

Kevin Warsh, futur patron de la Fed, à Sun Valley, dans l'Idaho, le 8 juillet 2025. (Brendan McDermid/REUTERS)
Publié le 30/01/2026 à 13h21, mis à jour le 30/01/2026 à 17h25

Donald Trump a nommé ce vendredi 30 janvier Kevin Warsh au poste de président de la Réserve fédérale américain (Fed) et l’a fait savoir sur sa plateforme, Truth Social. Alors que Trump multiplie les coups de boutoir sans précédent contre la Fed, sur laquelle il cherche à faire main basse, cette nomination doit encore être confirmée par le Sénat. Warsh, avocat de 55 ans et gendre du milliardaire Ronald Lauder – un ami de Trump depuis soixante ans –, est considéré comme une figure relativement modérée, et ce malgré sa préférence pour des taux plus bas.

«Je suis heureux d’annoncer que je propose la nomination de Kevin Warsh au poste de PRÉSIDENT DU CONSEIL DES GOUVERNEURS DU SYSTÈME DE RÉSERVE FÉDÉRALE», a écrit le président sur Truth Social. Et d’ajouter : «Je connais Kevin depuis longtemps et je n’ai aucun doute qu’il restera dans l’histoire comme l’un des GRANDS présidents de la Fed, peut‑être le meilleur.»

Après avoir pendant des semaines assuré qu’il avait fait son choix, mais n’a eu de cesse de repousser l’annonce, Donald Trump a précipité les choses jeudi dans la soirée. Le président américain a d’abord dit qu’il donnerait son choix «la semaine prochaine». Puis finalement il a déclaré jeudi soir dit en soirée que l’annonce serait pour «vendredi matin», à l’occasion d’une projection en avant-première du documentaire consacré à la Première Dame des Etats-Unis.

Une nomination qui doit encore être validée par le Sénat

Ces derniers mois, Warsh a multiplié les signaux en direction de la Maison Blanche, plaidant pour une baisse de taux et distillant les critiques contre l’institution monétaire. Il s’est érigé en défenseur des politiques présidentielles et contempteur de la Banque centrale américaine, instance dont il a déjà été l’un des gouverneurs de 2006 à 2011.

Il a ainsi donné raison au président Trump lorsque ce dernier avait fait pression sur l’instance pour qu’elle réduise fortement les taux d’intérêt. Enfin, Kevin Warsh a également appelé à une refonte en profondeur de la Fed afin, entre autres, d’assouplir la réglementation bancaire.

Kevin Warsh avait fait partie des personnalités pressenties pour prendre la tête de l’institution en 2018, lorsque Donald Trump avait finalement préféré Jerome Powell – choix sur lequel le chef de l’Etat n’a ensuite cessé de se lamenter. La révélation par Powell de l’existence d’une procédure du ministère de la Justice à son encontre a récemment suscité l’indignation des milieux économiques et de plusieurs élus républicains, qui voient une nouvelle atteinte à l’indépendance de l’institution monétaire.

Or et argent en chute libre

Aux Etats-Unis, Wall Street a ouvert en baisse et sans se montrer surprise par le choix de Donald Trump : Kevin Warsh était déjà donné favori par les médias américains. Dans les premiers échanges, le Dow Jones cédait 0,37 %, l’indice Nasdaq 0,38 % et l’indice élargi S & P 500 reculait de 0,36 %.

Sur le marché des devises, le dollar, délaissé ces derniers jours par les investisseurs, allant même jusqu’à toucher un plus bas depuis 2021 en début de semaine, remontait : vers 16 heures heure française, le billet vert prenait 0,48 %, à 1,1914 dollar pour un euro.

A l’inverse, les investisseurs délaissent les métaux précieux, plébiscités en période d’incertitude, et qui ont atteint des niveaux records ces derniers jours. Le cours de l’or et de l’argent est en chute libre, signe que les investisseurs sont rassurés par le choix de Trump : vers 16 heures, l’once d’or cédait 5,4 %, à 5 085,23 dollars, après avoir décroché de plus de 8 %. L’argent, qui a lâché jusqu’à plus de 17 %, chutait encore de 15,08 % à 98,2455 dollars l’once.

Mise à jour à 17 h 24 avec la réaction des marchés.
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