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Impérialisme

Donald Trump nomme un envoyé spécial au Groenland et provoque la colère du Danemark

Le président des Etats-Unis a chargé ce lundi Jeff Landry, gouverneur de la Louisiane, de défendre «la sécurité nationale». Le ministre des Affaires étrangères danois a annoncé dans la foulée convoquer l’ambassadeur américain.

Donald Trump, ici le 19 décembre 2025, voit dans le Groenland un élément clé pour la "sécurité nationale" des Etats-Unis. (Andrew Caballero-Reynolds/AFP)
Publié le 22/12/2025 à 14h39, mis à jour le 22/12/2025 à 15h54

C’est une lubie à laquelle Donald Trump n’a toujours pas renoncé, bien au contraire. Affiché depuis son premier mandat, son appétit pour le Groenland, qu’il juge indispensable pour la «sécurité nationale» se précise. Chose inédite, le président américain a annoncé ce lundi la nomination d’un envoyé spécial des Etats-Unis sur l’île, Jeff Landry, le gouverneur de la Louisiane.

Dans un message sur son réseau Truth Social, Donald Trump a chargé son nouvel émissaire de défendre «avec force les intérêts de notre pays pour la sûreté, la sécurité et la survie de nos alliés, et, en fait, du monde entier». Pour le président américain, l’attrait du territoire tient à sa richesse en minéraux et à sa position stratégique, à la croisée des océans Atlantique nord et Arctique.

Une mission que Jeff Landry s’est empressé d’accepter, ce dernier ayant dès le mois de janvier apporté son soutien aux visées impérialistes du président. «Nous devons faire en sorte que le Groenland rejoigne les États-Unis. Ce serait formidable pour eux, formidable pour nous ! Faisons-le , avait-il alors écrit sur X.

Copenhague exige des «explications»

L’annonce a ravivé la colère du Danemark, dont dépend le Groenland, déjà échaudé par plusieurs provocations américaines. Au mois de mars, le vice-président américain, JD Vance, avait provoqué un tollé en prévoyant une visite dans l’immense île arctique sans y avoir été invité.

«Je suis profondément indigné par cette nomination et par cette déclaration, que je trouve totalement inacceptables», a déclaré ce lundi le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen à la chaîne TV2 Danemark. Il a ajouté que son ministère allait convoquer l’ambassadeur américain dans les prochains jours «pour obtenir des explications».

Lars Løkke Rasmussen a également appelé les Etats-Unis à faire «preuve de respect envers l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark», dans un communiqué envoyé à l’AFP. «Tant que nous avons un royaume au Danemark qui se compose du Danemark, des îles Féroé et du Groenland, nous ne pouvons pas accepter que certains sapent notre souveraineté», a-t-il prévenu.

«Ça ne change rien pour nous»

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, et son homologue groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, ont rappelé dans une déclaration conjointe que «les frontières nationales et la souveraineté des Etats sont fondées sur le droit international».

Ce lundi matin, le Premier ministre groenlandais avait déjà réagi dans un post Facebook, sans se montrer impressionné : «Ça pourrait paraître énorme. Mais ça ne change rien pour nous». Un sentiment partagé par les principaux quotidiens danois, comme Politiken, qui doute de l’existence d’une «stratégie claire» de Donald Trump pour l’île.

La Commission européenne a exprimé de son côté son ferme soutien au Danemark. «Préserver l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark, sa souveraineté et l’inviolabilité de ses frontières est essentiel pour l’Union européenne», a indiqué Anouar El Anouni, un porte-parole de la diplomatie européenne.

En janvier dernier, 85 % des Groenlandais s’étaient dit opposés à une future appartenance aux États-Unis, d’après un sondage publié dans le quotidien groenlandais Sermitsiaq. Seuls 6 % y étaient favorables.

Mise à jour le 22 décembre à 15 h 45, avec la déclaration conjointe de Mette Frederiksen et Jens-Frederik Nielsen.

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