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Pédocriminalité

Donald Trump «savait à propos des filles» : des élus démocrates publient des mails attribués à Jeffrey Epstein

Révélés ce mercredi 12 novembre, ces écrits accusent le président américain d’avoir été au courant de longue date de l’empire pédocriminel monté par son ancien ami, ce que Donald Trump nie depuis le début de l’affaire.

Un message projeté par des militants à Washington DC le 18 juillet 2025. On peut y lire : «Président Trump : révélez tous les fichiers Epstein.» (Anna Moneymaker/Getty Images.AFP)
Publié le 12/11/2025 à 16h17, mis à jour le 12/11/2025 à 17h43

Un scandale qui ne cesse de rattraper Donald Trump. Le délinquant sexuel américain Jeffrey Epstein, accusé d’avoir dirigé un énorme réseau de prostitution de mineurs et qui est mort en prison en 2019, aurait affirmé que le président américain «savait à propos des filles» dans un email envoyé la même année et rendu public ce mercredi 12 novembre par des parlementaires démocrates.

«Trump a dit qu’il voulait que je renonce» à la carte de membre de Mar-a-Lago, la résidence de Floride du président américain, affirme Jeffrey Epstein. Ce dernier précise n’en avoir jamais été membre et ajoute : «Bien sûr, il savait à propos des filles, comme il a demandé à Ghislaine d’arrêter.» Une référence à Ghislaine Maxwell, complice et ancienne compagne de Jeffrey Epstein, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour exploitation sexuelle. Interrogée en juillet par le ministère de la Justice américain, elle soutenait que son compagnon ne conservait «pas de liste des clients», et que Donald Trump n’avait jamais manifesté de comportements inappropriés avec les masseuses de l’île.

Dans un autre email daté de 2011 et publié sur X par les membres démocrates d’une influente commission à la Chambre des représentants, Jeffrey Epstein affirme que Donald Trump «a passé plusieurs heures» avec une victime du financier au domicile de ce dernier. Ces échanges, obtenus par le biais des légataires de Jeffrey Epstein, «soulèvent de graves questions sur Donald Trump et ce qu’il connaissait des crimes horribles d’Epstein», affirment les élus démocrates. La commission dont ils sont membres enquête depuis plusieurs semaines sur la manière dont l’Etat fédéral a conduit l’enquête et les poursuites contre Jeffrey Epstein.

Lettre lubrique

Après avoir promis à ses partisans pendant sa campagne présidentielle des révélations fracassantes, Donald Trump tente aujourd’hui d’éteindre la polémique, qu’il a qualifiée à plusieurs reprises de «canular» monté par l’opposition démocrate. Son gouvernement a annoncé début juillet n’avoir découvert aucun élément nouveau justifiant la publication de documents supplémentaires dans ce dossier. Ce mercredi, la porte-parole de la Maison Blanche a assuré que les démocrates «ont fait fuiter des emails de manière sélective auprès de médias de gauche pour fabriquer un faux récit pour salir le président Trump».

Jeffrey Epstein a été retrouvé mort en 2019 dans sa cellule après s’être suicidé selon les autorités, et avant son procès pour crimes sexuels. Il se targuait d’être l’un des plus proches amis de Trump, avant une brouille dans les années 2000. Arrêté par le FBI en 2019, il était accusé d’avoir dirigé un réseau de prostitution impliquant au moins 1 000 mineures et jeunes adultes. Sa mort a alimenté d’innombrables théories du complot, selon lesquelles il aurait été assassiné pour l’empêcher d’impliquer des personnalités de premier plan.

De nombreuses personnalités publiques sont soupçonnées d’avoir fréquenté l’île où le milliardaire exploitait sexuellement des enfants ; notamment Donald Trump, qui envoyait en 2003 une lettre complice aux accents lubriques à son ami pédocriminel. La signature du futur président américain figure au pied de la note, à la place du pubis d’une femme esquissée. La Maison Blanche avait démenti que Donald Trump en ait été l’auteur.

L’administration Trump bientôt contrainte à publier les dossiers en sa possession ?

Au Congrès, l’affaire Epstein devrait connaître de nouveaux développements dans les jours à venir. La démocrate Adelita Grijalva va être investie mercredi à la Chambre des représentants et devrait devenir ainsi la dernière signature nécessaire à une pétition d’élus. Celle-ci forcerait, en vertu des règles de la Chambre, un vote dans l’hémicycle sur un texte visant à contraindre l’administration Trump à publier les dossiers en sa possession sur Jeffrey Epstein.

Le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, s’oppose à cette pétition, affirmant qu’elle est superflue au vu de l’enquête déjà menée par l’une des commissions. Mais avec 218 signatures, dont quatre d’élus républicains, il ne pourrait plus s’opposer à la tenue d’un vote.

Ce qui explique selon le chef de la minorité démocrate, Hakeem Jeffries, son opposition à faire prêter serment plus tôt à Adelita Grijalva, dont l’élection remonte à fin septembre. «Les républicains dirigent un programme de protection de pédophiles, ils cachent volontairement les documents sur Jeffrey Epstein», a-t-il accusé lors d’une conférence de presse mardi.

Mise à jour à 17 h 40 avec la réponse de la Maison Blanche

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