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No talent !

Donald Trump s’en prend à nouveau violemment aux «late shows» télévisés

Le président américain a réclamé la fin de l’émission de l’animateur Stephen Colbert dans une série de messages publiés mercredi 24 décembre sur sa plateforme Truth Social. La chaîne CBS avait déjà annoncé le fin de ce programme en mai.

Donald Trump, à Washington D.C., le 19 décembre 2025. (Alex Wong/Getty Images. AFP)
Publié le 24/12/2025 à 18h37

Donald Trump s’en est pris avec une violence renouvelée aux late shows, des émissions télévisées humoristiques dont il est une cible de prédilection, et plus généralement aux chaînes de télévision, agitant à nouveau la menace d’une suppression de leurs licences. Le président américain a choisi un vocabulaire particulièrement hostile pour réclamer la fin de l’émission de l’animateur Stephen Colbert sur CBS News, dans un message publié dans la nuit de mardi 23 à mercredi 24 décembre sur sa plateforme Truth Social.

«Pathétique catastrophe»

La chaîne «devrait “l’achever” MAINTENANT, c’est la seule chose humaine à faire», a exhorté le président américain, jugeant que cet humoriste très connu des téléspectateurs était «une pathétique catastrophe» et «sans talent». Il a utilisé en anglais le verbe «to put to sleep», généralement utilisé pour décrire l’action d’euthanasier des animaux.

«Si les émissions d’information et les émissions de fin de soirée des chaînes sont presque à 100 % négatives sur le président Donald J. Trump, MAGA [le mouvement trumpiste “Make America Great Again”, ndlr] et le Parti républicain, ne faudrait-il pas révoquer leurs très précieuses licences de diffusion ? Je dis OUI», a menacé le républicain de 79 ans dans un autre message, reprenant une menace qu’il a déjà émise.

Pressions

CBS avait déjà annoncé il y a quelque temps que le late show animé par Stephen Colbert s’arrêtera en mai. Cette décision avait conduit les opposants à Donald Trump à crier à la censure.

Paramount, maison mère de CBS, a payé 16 millions de dollars au président américain pour solder un contentieux portant sur le montage d’une interview de Kamala Harris, sa rivale démocrate à la présidentielle. Le week-end dernier, la nouvelle rédactrice en chef de la chaîne, Bari Weiss, a bloqué la diffusion d’un reportage sur les conséquences des expulsions brutales d’immigrés menées par l’administration Trump.

Une autre chaîne, ABC, avait pour sa part suspendu brièvement la star de son émission de fin de soirée, Jimmy Kimmel, avant de le faire revenir à l’antenne puis de prolonger son contrat d’un an, jusqu’au milieu de l’année 2027. L’animateur avait critiqué la récupération de l’assassinat de Charlie Kirk par le clan de Donald Trump.

Le président américain voudrait redessiner le paysage audiovisuel, selon lui caractérisé par un biais anti-conservateur. Il a placé un fidèle, Brendan Carr, à la tête de la puissante autorité de régulation du secteur, la FCC. Ce dernier a fait des remous en déclarant récemment, pendant une audition parlementaire, que «la FCC n’était pas formellement une agence indépendante», sous-entendant que son action pouvait donc être alignée sur les priorités politiques de la Maison Blanche.

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