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Libération
Road-trip

En attendant Trump, épisode 5 : dans l’Ohio, Springfield se vide de son vivier haïtien

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Élections américaines de 2024dossier
Jusqu’à la veille de l’investiture de Donald Trump le 20 janvier, notre correspondant traverse les Etats-Unis du Sud au Nord et chronique les espoirs et les craintes d’Américains suspendus entre deux présidences que tout, ou presque, promet d’opposer.
Sur une route de l'Ohio, le 15 janvier. (Julien Gester)
par Julien Gester, envoyé spécial à Springfield (Ohio)
publié le 17 janvier 2025 à 12h22

C’est un écheveau de signes et d’élans contraires, un triste oxymore planté dans la neige, qui ramasse les contradictions identitaires gangrenant depuis toujours la promesse du rêve américain. Au bord d’une route du sud de la ville de Springfield, dans l’Ohio, sur le parking attenant aux petites échoppes d’un vendeur de voitures d’occasion et d’un coiffeur, on a installé une réplique en plâtre peint de la statue de la Liberté brandissant à hauteur d’homme sa torche à l’intention des «fatigués», «pauvres», «déshérités» et autres «cohortes qui aspirent à vivre libre», comme le clame à New York le poème sur son socle.

Juste au-dessus, flotte et pavoise un imposant drapeau «Trump 2024», en soutien à celui qui mi-septembre avait déchaîné sur la ville et en particulier son importante communauté haïtienne une violente campagne de haine, en relayant une rumeur xénophobe – le tristement fameux «Ils mangent les chiens. Les gens qui sont arrivés… mangent les chats. Ils mangent… les animaux de compagnie des