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Décryptage

En Bolivie, Evo Morales est invisible, et son héritage politique disparaît

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L’ex-président (2006-2019) n’est plus apparu en public depuis le 8 janvier. Son absence coïncide avec le détricotage de ses apports progressistes et le rapprochement du gouvernement de droite avec les Etats-Unis.

Le socialiste Evo Morales à Cochabamba en juillet 2024. (Fernando Cartagena /AFP)
ParNils Sabin
correspondant à La Paz
Publié le 16/02/2026 à 14h25

Mais où est donc Evo Morales ? Depuis plus d’un mois, l’ex-président bolivien, d’habitude omniprésent médiatiquement, n’a pas été vu en public. Chaque dimanche, la question revient : participera-t-il à son émission sur Radio Kawsachun Coca, la radio des producteurs de coca du centre du pays ? En son absence, les rumeurs vont bon train. Il aurait contracté la dengue et serait en train de se rétablir ; un député affirme qu’il a fui le pays et se trouve désormais au Mexique ; d’autres avancent qu’il se cache pour échapper à la DEA, l’agence antidrogue américaine, car il craint de subir le même sort que Nicolás Maduro. Quant à ses soutiens, ils se veulent rassurants : «Notre frère Evo va très bien, il sera bientôt de retour avec son peuple, comme toujours», indiquait l’ex-sénateur Leonardo Loza le 8 février.

La disparition de Morales, figure centrale de la gauche bolivienne depuis le début des années 2000, coïncide, justement, avec la traversée du désert que vit la gauche dans le pays. Ainsi, le Mouvement vers le socialisme (MAS), parti hégémonique en Bolivie ces vingt dernières années, n’a recueilli que 3 % des voix au premier tour

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