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Dérapage

En Californie, un taxi autonome laisse la police comme deux ronds de flan

Des agents de la ville de San Bruno, dans la banlieue de San Francisco, ont été confrontés au vide juridique concernant les robotaxis quand ils ont voulu verbaliser un véhicule sans conducteur.

Les robotaxis se développent aux Etats-Unis, et particulièrement à San Francisco. (Tayfun Coskun/AFP)
Publié le 30/09/2025 à 20h42

La scène peu banale relatée par le Guardian ce mardi 30 septembre s’est déroulée sous les yeux étonnés de policiers. La semaine dernière à San Bruno, au sud de San Francisco, une voiture a repris son chemin en toute impunité après avoir fait demi-tour à un feu rouge. Les agents témoins de l’infraction ont interpellé le véhicule. Jusque-là, rien de plus ordinaire.

C’est au moment où ils s’apprêtaient à infliger une amende au contrevenant que l’affaire a pris un nouveau tournant. La vitre s’est baissée et les policiers ont pu constater qu’aucun chauffard n’était au volant du véhicule. «Comme il n’y avait pas de conducteur, une amende n’a pas pu être infligée (nos registres de contraventions n’incluant pas de cases pour “robot”)», a expliqué la police de San Bruno dans un post Facebook.

Cette dernière a fini par alerter la marque Waymo, filiale de Google, dont les taxis autonomes sont utilisés quotidiennement à San Francisco et font désormais partie du paysage californien.

En réaction, Waymo s’est sentie le besoin de préciser qu’en temps normal, ses véhicules sont «conçus pour respecter le code de la route» – ouf. «Nous nous penchons sur cette situation et nous sommes déterminés à améliorer la sécurité routière» via ce genre de mauvaises expériences, a ajouté la marque.

Plusieurs robotaxis défaillants

En attendant, personne n’est vraiment responsable de ce genre d’incident car il existe un vide juridique autour de ces robotaxis. Plus pour longtemps cependant : grâce à une loi californienne qui doit entrer en vigueur en juillet, les policiers vont pouvoir émettre un «avis de non-conformité» aux entreprises si leurs véhicules enfreignent le code de la route. La mesure oblige également ces dernières à mettre en place une ligne téléphonique d’urgence pour ce genre d’infraction.

Piétons renversés, interruption du trafic, blocage de camions de pompiers… Plusieurs accidents plus ou moins graves ont conduit le gouverneur démocrate de la Californie, Gavin Newsom, à adopter cette loi. Au total, Waymo a déjà reçu 22 signalements pour des véhicules au comportement dangereux ou enfreignant simplement le code de la route.

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