Rarement des décisions judiciaires auront été aussi attendues. Après sept ans d’enquêtes, et beaucoup de suspens, la Juridiction spéciale pour la paix (JEP), cette institution de justice transitionnelle issue de l’accord de paix de 2016, a émis ses premières condamnations jeudi 18 septembre. Elle avait lancé des enquêtes dès 2018 sur les crimes massifs et les phénomènes criminels systématisés du conflit de soixante ans avec l’ancienne guérilla des Farc.
Douze militaires – cinq officiers, quatre sous-officiers et trois soldats professionnels – du bataillon d’artillerie numéro 2 La Popa de Valledupar dans le nord-est du pays, ont été reconnus coupables de crimes contre l’humanité, dans leurs cas pour disparitions forcées. Ces militaires ont admis leur culpabilité dans les assassinats de 135 civils qu’ils ont fait passer pour des guérilleros morts au combat, afin de gonfler les chiffres de la guerre et obtenir des médailles, des primes, des avancements, selon un modèle qui s’est répété dans tout le pays et a fait au moins 6 402 victimes.
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Pour ces crimes, communément appelés les «faux positifs» en Colombie, les ex-membres du bataillon La Popa ont aussi écopé de la peine maximum prévue par la JEP. Ce sont les premiers condamnés d’une longue liste qui devraient permettre de remonter jusqu’aux responsables au niveau national de ces milliers de crimes d’état, puisque 173 militaires sont déjà inculpés parmi lesquels dix-sept anciens généraux. Dans le jugement de jeudi, la Cour a reconn




